‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français]Chapitre 47 sur 150 · VOIX DU DEHORS · texte numérisé non relu

VOIX DU DEHORS

Uélas ! il n'est pas facile

De liair quand on aime,

Et quand on ne veut plus aimer

Il est malaisé de haïr.

ANARDA.

Voilà une chanson qui tj'est pas de votre avis.

LA COMTESSE

Je la ferai mentir. Mais je me connais mieux que vous, et jt! sais qu'il sera en mon pouvoir de haïr, comme il est en mon pouvoir d'aimer.

ANARDA.

Cela ne me semble pas au pouvoir des mortels.

• Le texte est oeanroup plus précis :

Si Pasife quiso un toro, Semiramts un cavallo, Y <Hra$ lot monstruos que calîo, clc, etc.

M? LK CIIIKN DU JAIIOIMI 11.

Entre THcDDOIlt.

THÉODORE

filadaiiic , Fabio m'a appelé de volrc pari.

LA COMTESSK.

H y a déjà un siècle que jo vous alicnds.

TUÉODUKE.

Pardonnez-moi ce retard; il esl involonlairc. Aussitôt qu'on m' eu dit vos ordres, je suis a( couru.

LK COMTESSE

C'est bien. — Vous avez >u ces deux seigneurs qm me renden des soins?

TUiODOUB.

Oui , madame.

LA COMTESSE

Us sont tous deux fort bien , n'esi-cc pas?

THÉODORE

Oui, madame.

LA COMTESSE

J'ai voulu vous consulter avant de me décider. Auquel des deux pensez-vous que je doive accorder ma main?

THÉODORE

Mon Dieu! madame, quel conseil ponrrais-je vous donner eu ui.v (hosc qui ne dépend que de votre goût? — Le meilleur choix, à mon avis, esl celui que vous ferez.

LA COMTESSE

Vous reconnaissez bien mal, Théodore, l'honneur que je vous Tdis en vous consultant dans une semblable cir.onslance.

THÉODORE

Mais, madame, n'avez-vous pas dans votre maison des gens dont l'avis serait meilleur à prendre que le mien? Par exemple, Ortavio, votre écuyer, par son Age, ses lumières, son expérience...

LA COMTESSE

Je veux que le maître que je vous donnerai vous convienne et vous plaise.— Dites-moi, le marquis ne vous semble t-il pas préférable à mon cousin?

THÉODORB.

Oui, madame.

Kh bien, c'est le marquis que je choisis. Allci au plus t6l lui en porter la nouvelle *.

Elle ton accompagnée d'Auarda.

Litttfraiement : a Allci lui domandor rc'irouoe de celle nouvelle. » L'uwg»* élail de faire ili-s cadt aux aux |K)rU'iiri tl'uuc bonne nouvelle. Ce» (iie^tMils s'a|>(>elaK'ii( a^&rt CMU Uc la le uiol albricù», change en iuicij<ctiuu a Uui par iigiiilicr cet noutelie* elle»-inèi»fft

JOURNEE II, SCENE 11 E il3

THÉODORE

Fiii-ii jamais un aussi grand malheur? A-t-on jamais vu une reçolution si prompte, un changement si soudain? Voilà donc ce qu* sont devenus mes orgueilleux projets ! — J'ai osé prétendre à l'amou • d'un ange, j'ai voulu m'éiever jusqu'au ciel, et me voilà tomb.^ dans l'abîme'.... — Pourquoi la comtesse s'est-elle ainsi abusée sur SCS vrais sentiments?... Mais moi, pourquoi ai-je eu la faiblesse de croire à quelques paroles de douceur? — L'amour ne peut pas exister entre personnes d'un rang inégal.— Mais qu'y a-t-il d'étonnant que ces beaux yeux m'aient séduit? ils auraient séduit le plus sage. Ulysse lui-même n'eût pas su leur résister. — Ce qu'il y a de plus triste, c'est que je ne puis me plaindre que de moi-même.— Après )out, pourquoi me plaindrais je? qu'ai-je perdu? Ne puis-je pas me figurer que j'ai eu un moment de délire, et que pendant ce délire j'ai rêvé, imaginé toutes ces fjlies?...— Adieu, adieu, orgueilleuses et vaines pensées... ComtJ de Beldor, retournez, s'il vous plaît, la proue vers votre rivage f.ccoutumé. Revenons modestement a Marcelle, elle doit me suffire, et laissons les grandes dames aux î.'rands seigneurs. Orgueilleuses et vaincs pensées, dissipez-vous dans l'air où vous vous êtes formées; et ne cherchons plus à nous 'lever trop haut, de peur de tonibcr une seconde fois.

Enlre FABIO.

F/BIO

Eh bien, avez-vous parlé à la comtesse?

TUÉtinCKE.

Oui , je viens de lui parler, et je suis on ne peut plus content, parce que la comtesse se décide imfin à se marier. Elle hésitait entre ses deux adorateurs; mais dans sa sagesse elle choisit le marquis.

FABIO

Elle ne pouvait mieux choisir.

TinionoKE.

Elle m'a chargé de lui en porter la nouvelle, el l'on doit s'attendre à un riche présent; mais «:omnie je suis votre ami . Fi»bio ie vous abandonne ce message. Allez, allez vite.

FABIO

Je ne doutais pas de votre amitié, et votre conduite actuelle me prouve bien que j'avais raison. Je voudrais pouvoir la reconnaître. Je pars, et je reviens bientôt vous remercierv et me réjouir avec vous de ce qui se passe. - Ma foi, vive le marquis l il n'y avait que lui V)ur décider la comtesse.

Il'

Entre TRISTAN.

TRISTAN

Je viens, tout troublé, vous chercher. Ce que l'on m'a dit f&*.-il '»"*'^ 10.

il4 LK (:UIi'..\ 1)L JAUDI.MhK,

TIIF.ODOIIE.

Oui, mon pauvre Trislan, si l'on l'a dit que j'étais cruellement désabusé.

TRISTAN

. J'avais bien vu les deux importuns établis chacun dans un fauteuil Cl tenant la dame entre deux feux, mais je ne savais pas qu'elle eût fait un choix.

Tlli%ODORE.

Oui, Tristan^ j'ai vu venir tout à l'heure cet héliotrope inconstant, celte mobile girouette, ce prodige d'instabilité, en un mol, cette femme, celle femme enchanteresse qui veut nie perdre pour déshonorer sa victoire ; et elle m'a ordonné de lui dire lequel des deux je préférais, car elle ne voulait pas se marier sans avoir mon avis. Je suis demeuré étonné, confondu, ayant tellement perdu le sens, que je n'ai pas môme eu la force de répondre des folies. Klle m'a dit enfin que son choix s'arrôtail sur le marquis, et c'est moi qu'elle a chargé de lui en porter la nouvelle.

TKISTAIV.

Ainsi donc elle se marie?

TIléODOHB.

Avec le marquis Ricardo.

TRISTAN

Que vous disais-jc?... Si je ne fous voyais pas dans un si triste état, si je ne craignais pas d'affliger un homme au désespoir, j'aurais beau jeu à vous railler, je vous demanderais ce qu'est devenu votre titre de comte.

TiiéonoRB.

llélas! Tristan, je me meurs.

TRISTAN

A qui la faute ?

TUI^OnORK,

J'en conviens, j'ai cru trop facilement aux regards d'une femme.

TRISTAN

Je vous l'avais bien dit cependant, il n'y a pas de vase de poison qui soit plus dangereux que les yeux de ces ingrates.

TlIKOnORK.

Je suis si honteux d'avoir été pris au piège, que j'ose à peine lever les miens. — Knfin, le grand moment est passé, et ce que j'ai de mieux à faire, c'est d'oublier mes espérances et mon. amour.

TRISTAN

Et de revenir repentant à Marrelle.

TIIF.ODORB.

La voici; la paix sera bieniOt faite.

Kiilro MAUCELLE.

MARCELLE, à part.

Qu'il esi pénible de feindre un amour qu'on ne sent pts! qu'il

JOURNÉE II, SCÈNE III. il»

est difflcile de renoncer à un amour véritable!... Plus je m'efiForce d'en détourner ma pensée, plus il revient obstiné à ma mémoire... — Mais il le faut, et mon honneur l'exige, je dois me venger d'un cruel abandon, et pour me guérir de mon ancien amour, je n'ai qu'un moyen, c'est d'aimer encore. Mais pourrai-je aimer lorsque mon premier amour vit encore dans mon cœur, et si c'est pour me venger, n'est-ce pas moi qui la première souffrirai de ma vengeance? —Non, je me perdrais, et il vaut mieux attendre; car plus d'une lois l'amour s'est rallumé au moment môme où l'on croyait qu'il allait s'éteindre.

THEODORE

Marcelle !

MARCELLE

Qui est-ce ?

THÉODORE

C'est moi; — vous m'oubliez donc tout à fait?

HARCELLE

Oui, je vous oublie, et si bien, que je voudrais être hors de moimême pour ne plus me souvenir de vous; je m'efforce de ne plus penser à vous, et je ne fais constamment que me rappeler votre conduite. — Mais comment avez-vous osé me nommer?.., comment votre bouche a-t-cUe osé répéter le nom de Marcelle?

THÉODORE

J'ai voulu éprouver votre constance. J'ai bientôt su à quoi n/en tenir : on dit que je suis déjà remplacé dans votre cœur.

MARCELLE

Théodore, jamais homme sage n'éprouva ni verre ni femme. Mais vous ne me ferez pas accroire que ce fût la votre intention.— Non, je vous connais, Théodore, et je sais les folles pensées qui vous ont égaré. — Eh bien , où en êtes-vous?... vos projets réussissent-ils à votre gré? ne vous coûtent-ils pas plus qu'ils ne valent? Croyezvous toujours qu'il n'y ait rien ici -bas de comparable à la comtesse? Mais que vous est-il arrivé? qu'avez-vous? d'où vient votre trouble?... Est-ce que le vent aurait changé? Venez-vous à présent chercher votre égale, ou voulez-vous seulement vous jouer de sa crédulité? — Ah! Théodore, que je serais heureuse si vous rendiez enfin un peu d'espoir à mon amour!

TUÉOUORE.

Si vous voulez vous venger, Marcelle, libre à vous. Mais songei que l'amour doit être généreux; ne vous montrez pas si sévère; la vengeance est une lâcheté dans le vainqueur. Vous l'emportez, Marcelle ; s'il vous reste quelque affection pour un infortuné, pardonnez mon erreur. Je reviens à vous, non pas que d'un autre côté tout espoir me soit interdit, mais porce que ces changements ont réveillé en moi votre souvenir. Eh bien , que le souvenir de vos ancien» sentiments se réveille aussi, puisque je proclame votre victoire.

ne 11 ilIlKN DU JA:U>1MF.II.

MAKCICI.I.F..

A Dieu ne j»liii>c ipn: je délruise aiii.>i les ^ondemlili:^ >ji îuire grandeur! Servez, persiste/, ne vous découragez pas, on vous accuserait de légèreté; suivez , en un mot, le bonheur qui s'oiïre a vous, comme je veux suivre le bonheur qui s'oiïre à moi. Je ne saurais vous offenser en aimant Tabio, puisque vous m'avez abandonnée. Peut-être n'ai je point gagné au change: mais enfin c'est toujours beaucoup pour moi de venger mon injure... Adieu; voilà un assez long entretien, et comme Fabio est presque mon époux, je ne voudrais pas qu'il nous vit ensemble.

THÉODOHB.

Arréte-Ia, Tristan, arréte-la.

TRISTAN

Ecoutez, écoutez, mademoiselle. Si mon maître a cessé de vous aimer, il est prêta reeonmicncer; cl s'il a eu tort de vous quitter, il le répare en revenant à vous. — Ecoutez-moi donc, mndemoiselle.

MAHCELLE.

Que veux-tu, Tristan ?

TIUSTAN.

Attendez un moment.

Ktitronl LA COMTESSE el ANA RD A. Elles s'arrêtent i la porte. LA COMTESSE.

Théodore et Marcelle ici ?

ANARDA.

Vous paraissez fichée de les voir ensemble.

LA COMTKSSE.

Prends celte portière, et couvrons-nous... Mon amour se réveille avec ma jalousie.

MARCELLE

Au nom de Dieu, Tristan, laissez moi.

ANAROA.

Tristan cherche à les mettre daccord. lU doivent èirc biouiilés.

LA COMTKSSE, ù part.

Ce coquin de valet me mettrait en colère'.

THISTA.X.

L'éclair ne passe pas plus vite que n'a passé devant lut là froide beauté de celle qui l'adore. .Maintenant il n'y pense plus; il préfère votre grâce, vos attraits à tous ses trésors... iToycz-mri, rramour a disparu comme une comète.— Écoulez, Théodore. LA coMTi ssR, d part.

Le drôle ne manque pas d'adresse.

TuéonoRR.

Pourquoi m'appeler, Tristan ? N'a-l-elle pas dit qu'elle élall engagée à Fabio, el qu'elle l'aimait?

' I » rnmirtsc qualilicTii^lan d'une njoièrc l>caucoup plus ëncrgi(]<ic Elle le aommt à leahuriê.

JOURNÉt: II, SCENE III. if

TIIISTAX.

Boni voilà l'autre qui se fâche.

THÉODORE

Ils feront mieux de se marier.

TRISTAN

Vous aussi! laissez-moi là toute rancune. Allons, venez, donnezmoi votre main, et faites la paix.

THÉODORE

Vilain que tu es, tu me persuades.

TRISTA.N

Allons , mademoiselle, et vous?... Pour l'amour de moi, donnez votre main.

THÉODORE

Moi, je n'ai jamais dit à Marcelle que j'avais un autre amour. Et elle, ne me disait-elle pas tout à l'heure...

TRISTAN

C'était un î ruse pour vous punir de votre brusquerie.

MARCELLE

Non, ce n'est pas par ruse; c'est bien vrai.

TRISTAN

Allons, allons, folle que vous êtes, venez par ici; vous avez tous deux perdu l'esprit.

THÉODORE

J'ai prié d'abord; mais à présent, vive Dieu! je ne tiens plus à me réconcilier avec elle.

HARCELLE

Ni moi non plus, le ciel m'en est témoin.

TRISTAX.

Ne jur(;z pas.

MARCELLE

Malfjré toute la colère que je lui montre, je sens que je me trouve mal.

TRISTAN

Tenez-vous bien, et restez là.

LA COMTESSE, à part.

Comme le fripon est adroit!

Laisse-moi, Tristan ; j'ai affaire.

THÉODORE

Oui, laisse-la, Tristan.

TRISTAN

Eh bien, qu'elle parte, je ne l'arrête plu».

THÉODORE

Retiens-la.

I MARCELLE

' Je reste, mon ami.

ti» LE CHIEN DU JARDINIER.

TRISTAN

Eh quoi! je ne vous retiens plus ni l'un ni l'aulre, cl vous voilà.

MAdCELLE.

Ail ! mon ami, je ne puis m'éloigner de vous.

TIIÉODORK.

Ni moi , et vous me verrez désormais d'une constance inébranlable.

MAUCBLLB.

Allons, méchant, embrassez-moi.

TiléODORB.

Avec bonheur, avec délices.

Puisque vous n'aviez pas besoin de moi, pourquoi me donner tant de mal?

ANARDA, bas, à la Comte f se.

Vous prenez plaisir à les voir.

LA COMTESSE

Oui, je suis bien aise de voir combien peu il faul se fier soit à un homme, soit à une femme.

THÉODORE

Ahl Marcelle, comme vous m'avez traité!

TRISTAN

Enfin, vous voilà d'accord, le ciel en soit béni! car pour un courtier comme moi, le plus grand déshonneur c'est de ne pouvoir conclure un marché.

MARCELLE

Si jamais je vous abandonne pour Fobioou pour un autre, puisséje mourir, mon ami, des chagrins que vous me donnez.

THÉODORE

Et moi qui reviens à vous plus épris, plus amoureux,- si jamais je vous oublie, je consens, pour ma punition, à vous voir dans loi bras de Fabio.

MARCELLE

Voulez-vous réparer vos torts ?

THÉODORE

Pour vous, près de vous, que ne ferais-je pas?

MARCELLE

Dites que toutes les femmes sont laides.

Oui, près de vous. — Que voulez vous de plus?

MARCELLE

Je ne suis pas sans jalousie, et puisque vous m'aimei, dites-moi, nous pouvons parler devant Tristan.

TRISTAN

Ne vous gênez pas, serait-ce môme pour dire du mal de moi.

JOURNEE II, SCENE 111. It?

SIARCELLE.

Eh bien , Théodore, dites que la comtesse est laide.

TnÉODORE.

Désormais elle me paraîtra affreuse.

MARCELLE

Qu'elle est étourdie.

TnÉODORE.

On ne peut plus.

MARCELLE

Prétentieuse.

THÉODORE

A l'extrême.

LA COMTESSE, à part.

La conversation pourrait aller trop loin, et il vaut mieux que je l'arrête. Je suis sur des charbons ardents.

De grâce, madame, ne vous montrez pas.

TRISTAN

Quand vous voudrez entendre arranger comme il faut la comtesse. sa beauté, ses manières, adressez-vous à moi. LA COMTESSE, à part.

A-t-on jamais vu celte impudence ?

TRISTAN

Premier point.

LA COMTESSE, à part.

Ce serait folie d'attendre le second.

MARCELLE

Ciel', sauvons-nous. Adieu, Théodore.

Elle se montrfe.

Elle salue la Conilcssc cl sort.

TRISTAIV.

THÉOUOKE.

LA COMTESSE

TlIKODOUE.

La comtesse!

La comtesse!

Théodore?

Permettez, madame...

TKISTAX.

Le tonnerre commence à gronder. N'allcndoiis pas qu'il tombe.

Il sorU LA COMTESSE.

Ânarda, approchez une table. Ttiéodorc va écrire une lettre que je lui dicterai.

AiiDr. la s'éloigne.

TiironouE, à part.

Je trcmhlcî... Nous a-lcilo ciiicKdiis ?

120 LE CHIEN DU JAMDIXfEn.

LA COMTESSl-, « fjurt.

La jalousie a r(?vcillé mon amour. Il aime Marcelle! et moi il m<' dédaigne ! — Je suis leur jouet à lous doux.

THROHOIIK, à p'irt.

Elle murmure et se plaint. Ah ! pourquoi ai je oublié ce que je disais : que dans les palais les tapisseries cntendentel les murailles

parlent?

Ananla rcviciil avec loul ce qu'il Tanl poor écrire. ANARDA.

Madame, voici une petite table et tout ce qui est nécessaire.

I,A COMTESSE

Approchez, Théodore, et prenez la plume.

THÉODOUE.

Je suis perdu 1 La moindre chose que j'aie à redouter, c'est qu'elle me chasse.

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