ZA1DE
Cesse donc, Néala, de voir avec effroi
L'existence nouvelle ouverte devant toi.
Va, nos divinités te défendront sans cesse :
Elles n'oublîront pas que tu fus leur prêtresse ,
Qu'à tes devoirs par toi nuls objets préférés
N'ont distrait tes esprits sous ces bosquets sacrés ;
Qu'on n'eût pas vu ta bouche approcher d'une eau pure,
Sans que ta piété rafraîchît leur verdure ,
Et que ta main jamais, dans son respect pour eux ,
Ne leur fit un larcin pour parer tes cheveux.
Ce monde séduisant, qui cause tes alarmes,
Sans danger pour ton cœur, aura pour lui des charmes.
âa6 LE PARIA.
Quel bien à ses plaisirs se pourrait comparer, Puisqu'à la vertu même on peut les préférer?
WÉÀLÀ.
Ils ne me rendront pas nos tranquilles études,
Nos secrets entretiens, nos douces habitudes.
Je vous quitte à regret, les dieux m'en sont témoins;
Puissent-ils vous bénir! Je confie à vos soins
Les plantes que par choix cultivait ma tendresse,
Les rameaux que mes dons courbaient sous leur richesse.
Les oiseaux familiers qui, nourris dans ces bois,
Descendaient sur ma trace et venaient à ma voix.
Qu'au lever du soleil ma gazelle chérie
Trouve sur vos genoux l'onde et l'herbe fleurie ;
En souvenir de moi protégez-la toujours;
Mêlez, en lui parlant, mon nom à vos discours.
De ma longue amitié gardez chacune un gage.
( A une prétresse. )
Toi, ces voiles brillans dont tu vantais l'ouvrage, Mirza, les ornemens que mes bras ont portés... Mais Zaïde, mes sœurs, n'est plus à nos côtés. D'où vient que ses regards sont troublés par la crainte?
ZAÏDE
Voyez, un étranger pénètre en cette enceinte.
otêala. t
Ce guerrier, dont la bouche honore un autre dieu,