‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 113 sur 327 · ACTE III, SCENE IV. a · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV. a

ZARÈS

C'est lui-même ! il m'a parlé ! j'entends Cette voix , dont les sons m'avaient fui si long-temps !

IDAMORE

Dans mon cœur attendri quel souvenir s'éveille? Où suis- je, et quels accens ont frappé mon oreille ? Je les connais... Que vois-je ?

ZARÈS

Un vieillard insensé , Qui poursuit un ingrat dont il fut délaissé, Qui voulait de rigueur armer son front sévère , Et sent frémir pour toi ses entrailles de père.

IDAMORE

Dieux ! vous m'ouvrez vos bras !

zarès.

La nature a ses droits , Plus forts que ma raison. Viens, viens, je te revois! J'ai pardonné!

Mon père!

ZARÈS

O moment plein de charmes!

Idamore , .6 mon fils ! ô jour 1 ô douces larmes ! Tu m'aimais, je le sens; pourquoi m'as-tu quitté? Quel horrible abandon ! et je l'ai supporté !

a 34 LE PARIA.

Je résiste à l'ivresse où mon âme se noie ! On ne peut donc mourir de douleur ni de joie !

IDAMORE

Quoi! vous me pardonnez?

ZARÈS. Il se 1ère et regarde son ûls.

Heureux progrès des ans !

Que son port est plus fier, ses traits plus imposans ! Que son aspect m'enchante !

IDAMORE

O fciel ! par quel ravage Les ans sur son front pâle ont marqué leur passage!

z Anes.

Ce ne sont pas les ans, mon fils , mais les chagrins. Vos jours dans les cités ne sont pas tous sereins; Et pourtant quel mortel, maudit des destinées, Vit en plus sombres nuits s'y changer ses journées? Fut-il pour l'œil d'un père un plus affreux réveil ? Malheureux , j'ai vu naître et pâlir le soleil , Sans que ses premiers feux ni sa clarté mourante De mes sens éperdus aient calmé l'épouvante. Je marchais , je courais , je criais ! O mon fils ! Mon fils!... L'écho lui seul répondait à mes cris. Je rentrai vers le soir, me disant sur ma route : Près du toit paternel mon fils m'attend sans doute. Personne sur le seuil, nul vestige, aucun bruit ;

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