SCENE III
LES PRÉCÉDÉES, AKEBÀR, BRAMES portant le feu sacre et les prémices ; deux d'entre eux sout armés de haches.
AKÉBÀR , du haut des degrés du temple.
Si quelque audacieux, Retranché par la loi du commerce des cieux , Vient chercher leur courroux jusqu'en ce sanctuaire , Que du profanateur la mort soit le salaire.
( Il descend sur le devant de la scène. )
Flambeaux de nos conseils, prêtres qui m'entendez ,
Vous , bras du Dieu vivant, vous qui nous défendez,
Guerriers; et vous aussi, dont l'active industrie
Fait couler l'abondance au sein de la patrie :
Peuple entier, qui présente à la divinité
Le simulacre humain de sa triple unité ;
Voici l'instant venu qu'une auguste alliance
Doit d'un héros pieux couronner la vaillance.
Brama dans nos périls suscita ce guerrier,
Pour couvrir ses élus comme d'un bouclier
Contre ce jeune bras, vainqueur par nos prières,
a 58 LE PARIA.
Les chrétiens ont brisé leurs phalanges altières;
Il les a chassés tous, eux et les ennemis
Que les sables voisins dans nos champs ont vomis.
Qu'il soit récompensé par-delà ses mérites :
Les dieux dans leurs bienfaits gardent-ils des limites?
Sur les livres de vie il m'a juré sa foi
De prendre mes conseils pour lumière et pour loi.
Peuple, de son serment restez dépositaire.
Mes enfans, approchez : d'un double ministère
Akébar revêtu pour bénir vos destins,
Comme père et pontife étend sur vous ses mains.
( Idamore et Néala sont à genoux , tout le peuple se prosterne. )
CHŒUR
Puisse-t-îl d' Akébar prolonger la carrière
Ce noble hymen , dont la solennité Unit la tribu sainte à la tribu guerrière , Et le courage à la beauté !
AKÉBAR.
Astre brillant des jours au penchant de ta course, Et toi du haut des ci eux, d'où s'écoule ta source, Gange, roi de ces bords, divinités des champs, Brama, l'espoir du juste et l'effroi des méchans, Assistez à la fête où ma voix vous convie...