‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 128 sur 327 · ACTE IV, SCÈNE V. a · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. a

AKiBAR.

Qu'as-tu dit?

IDAHORE.

Oui, le sang que poursuit ta colère, C'est le mien , c'est celui que pour toi j'ai versé. Qu'on l'épargne à sa source , où les ans l'ont glacé. Le mien vous sauva tous , que ta main le répande ; Il est pour tes autels Une plus digne offrande.

ItJÉALA , à ses compagnes.

Soutenez-moi!

J'ai seul mérité le trépas.

It>AMORE.

Ah ! mon père !

ZARÈS

Guerrier, je ne te connais pas.

- IDAMORE

C'est mon père! C'est lui ! croyez-en ses alarmes, La pâleur de son front, ses yeux noyés de larmes, Ses bras que malgré lui je force à se rouvrir... Il m'embrasse, frappez, c'est à moi de mourir!

AK^BAR, aux prétresses.

Dérobez à leurs yeux cette jeune victime.

(On l'en trahie.)

Elle n'a pas nourri d'ardeur illégitime.

a64 LE PARIA.

Ma fille est innocente; oui, peuple, elle ignorait Quel effroyable hymen mon erreur consacrait. Mais toi, d'un noir courroux tout mon cœur se soulève ! Tu n'es donc... se peut-il?... ah! misérable!

idamore.

Achève.

Oui, je suis Paria, je le suis ; mais l'état Ne dut sa liberté qu'à mon noble attentat. Je descendis des monts; vos tribus dispersées A l'approche du joug s'étaient déjà baissées. Je l'écartai moi seul , qui seul restai debout. La mort entre elle et toi m'a rencontré partout, Peuple : loin des cités , des enfans et des femmes, Je détournais le fer, je repoussais les flammes; Mon front , plus que vous tous des chrétiens redouté , Leur renvoyait l'effroi qu'ils avaient apporté, Quand ces brames si fiers, que je courais défendre, Cachés au fond du temple et courbés sous la cendre , Implorant un appui qu'ils n'osaient vous offrir, Priaient, tremblaient pour vous et vous laissaient péri r !

ÀKÉBAR.

Tu l'entends, et la foudre à tes pieds assoupie, Ne se réveille pas pour dévorer l'impie , Brama; c'est donc à nous de venger tes affronts; Ton silence est un ordre, et nous obéirons...

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