LES PRÉC^DENS, MADAME SINCLAIR
LE DUC , à madame Sinclair.
Ah! madame, Veuillez me seconder, il le faut, je réclame Pour mon oncle, pour moi, pour tous ceux qu'aujourd'hui L'attrait d'un grand plaisir doit attirer chez lui.
MADAME SINCLAIR
Mais je ne pense pas que ma fille refuse.
HORTENSE
Monsieur fera*, j'espère, agréer mon excuse.
a6a L'ÉCOLE DES VIEILLARDS.
MADAME SINCLAIR
C'est triste : à te parer j'avais pris tant de soin ! Chez soi de tant d'éclat n'avoir qu'un seul témoin ! On eût dit : Quelle est donc cette belle personne Qui fixe tous les yeux, que la foule environne? C'est ma fille, monsieur!... chacun de te vanter; Le ministre à son tour vient me complimenter- Mais ton mari prononce, alors je me récuse : Une grand' mère est faible , et son amour l'abuse. Je reste , si tu veux.
LE DUC
Ah ! que deviendrons-nous ?
(A madame Sinclair.)
Que fera la princesse ? Elle comptait sur vous. Pour elle votre esprit doit se mettre en dépense : J'ai dit , pardonnez-moi, j'ai dit ce que pense, C'est que vous conversez avec un abandon , Un choix de mots , un charme , oh ! chez vous c'est un don Elle vient pour vous voir, elle veut vous connaître ; Mais de la prévenir il serait temps peut-être ?
MADAME SINCLAIR
Non pas, monsieur le Duc, oh! non, je vous en veux De m'avoir compromise avec de tels aveux. Une princesse! ô Dieu! ma fille, une princesse!