‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 294 sur 327 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

( Valent» sort.)

Ah! je te chasserai... C'est vrai, que vais-je faire?

Un éclat! non, sans doute* Amant sexagénaire,

Suivant ma femme au bal d'un pas mal affermi ,

J'y vais pour l'épier , j'y vais en ennemi,

Et là, comme un fantôme errant avec tristesse,

J'y vais troubler ses jeux et glacer son ivresse.

Pauvre Hortense ! elle est jeune, est-ce un crime à mes yeux ?

Peut-elle se vieillir parce que je suis vieux?

A sa suite aujourd'hui si le dépit m'entraîne,

J'irai demain, toujours, et toujours à la chaîne;

Plus esclave cent fois, cent fois plus inquiet,

Rongé de plus d'ennuis qu'au temps où l'intérêt

Tenait à ses calculs ma jeunesse asservie,

Je vais à soixante ans recommencer ma vie!...

Allons, Dan ville, allons, sois homme; il faut rester.

(Valentin rentre.)

Au fait, sa mère est là, que puis-je redouter?

( Il met son habit.)

Je reste. Prouvons-lui qu'on peut se passer d'elle. * Mon chapeau!... Des amis Bonnard est le modèle! On nous laisse, tant mieux! nous serons entre nous, Nous rirons , et déjà je suis... je suis jaloux ! V

Je ne puis résister au démon qui m'obsède : Il maîtrise mes sens , il me conduit, je cède.

a74 L'ECOLE DES VIEILLARDS.

Adieu donc pour toujours, ma chère liberté! Bonheur que j'ai connu, repos et dignité, Adieu! je n'en crois plus ni pitié , ni scrupule. Soyons, c'est mon destin , soyons donc ridicule, J'y consens ; mais du moins échappons au tourment De douter , de trembler , de mourir lentement : Ce supplice est horrible.

VALEHTIN.

Il a perdu la tête.

DANVILLE

Qu'il finisse; partons. Ma voiture!

VALENT1N

Elle est prête.

BANVILLE, rencontrant Bennard.

Ah! courons. Ciel!

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