ACTE IV, SCÈNE VI. 3o
DAÏTVILLE.
^uand c'est une imposture , osez-vous l'attester ?
LE DUC
Cette lutte entre nous ne saurait être égale.
DANVILLE
Entre nous votre injure a comblé l'intervalle : L'agresseur , quel qu'il soit , à combattre forcé , Redescend par l'offense au rang de l'offensé.
De quel rang parlez- vous? si mon honneur balance, C'est pour vos cheveux blancs qu'il se fait violence.
DANVILLE
Vous auriez dû les voir avant de m'outrager. Vous ne le pouvez plus quand je veux les venger.
LE DUC
Je serais ridipule, et vous seriez victime.
DANVILLE
Le ridicule cesse où commence le crime, Et vous le commettrez; c'est votre châtiment. Ah ! vous croyez , messieurs , qu'on peut impunément , Masquant ses vils desseins d'un air de badinage , Attenter à la paix, au bonheur d'un ménage. On se croyait léger, on devient criminel : La mort d'un honnête homme est un poids éternel. Ou vainqueur , ou vaincu, moi, ce combat m'honore;
3o6 L'ÉCOLE DES VIEILLARDS.
Il vous flétrit vaincu, mais vainqueur, plus encore : T Votre ifcmneur y mourra. Je sais trop qu'à Paris
Le monde est sans pitié pour le sort des maris ;
Mais dès que leur sang coule , on ne rit plus , on blâme. i Vous , ridicule ! non , non : vous serez infâme !
C'en est trop à la fin , et j'ai fait mon devoir : Ma crainte fut pour vous, j'ai pu la laisser voir ; Mais, contraint de céder , je vais vous satisfaire. Vous êtes , je l'avoue, un bien digne adversaire. Ah! pourquoi votre bras est-il donc aujourd'hui D'un aussi noble cœur un aussi faible appui !
DANVILLE
Ma vengeance par lui ne sera pas trompée.
LE DUC
Votre heure?
DANVILLE
Au point du jour.
LE DUC
Et votre arme ?
DANVILLE
epee.
LE DUC
Le lieu ?