‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 77 sur 327 · ACTE I, SCÈNE IL i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL i

Du crime sur moi seul détournez le supplice. Allez , près de l'époux qu'ici votii regrette», Chercher d'un autre amour les saintes voluptés. Soyez heureuse : allez.

NJÉALA.

11 est vrai , je t'offense :

Que puisse redouter? tu prendrais ma défense. Pardonne , je suis-foihk ; et si je Tétais moins* Me viendrais -je à ta foi remettre sans témoins ? Aurais-je enfreint les lois que j'observais sans peine , Avant qu'un fol amour m'en fît sentir la chaîne ? Aussi le juste ciel , qui veillait sur mes jours, D'un œil impitoyable a regardé leur cours : Ces purs ravissemens , cette divise extase D'une kmè sans remords que la ferveur embrasé , Cette ineffable paix que donne la vertu, M'ont punie, en Alyant , d'avoir mal coifrbattu ; " Mais je ne me plains pas , non , je le&abandonne Pour ce bonheur amer qne la crainte empoisonne , - Pouf te voir, te parler, panf entendre ta voix , Et j'ai voulu l'entendre une dernière fois*

' IJUMOR£.

Achève , Btéala ; parie , quçlle pjiissaaçe Veut rompre de nos coeurs la secrète alliance i Quelle autre que la mo«t nous pourrait séparer ?

NÉACA.

Celle que mon enfance apprit à révérer , Celle que la nature* commise au grand-prêtue.

IDAMORE

Ah! c'est lui!...

NÉALA.

C'est mon père et mon souverain maître. Le Gange, où du soleil brillaient les derniers feux. Recevait en tribut mon offrande et mes vœux ; Sans fixer mes esprits qui les suivaient à peine , Mes lèvres murmuraient une prière vaine, Et dans ce trouble heureux dont j'aimais l'abandon Mêlaient aux mots sacrés tes aveux et ton nom. Le grand-prêtre parut j je pâlis , insensée , Comme s'il eût pu lire au fond de ma pensée ! « Néala, me dit- il, apprenez par ma voix « Qu'un oracle du Gange a révoqué son choix. « Avant qu'à ses autels le serment vous engage , « Il veut vous affranchir d'un éternel veuvage. <r A l'hymen d'un mortel il vous cède aujourd'hui. « Quand ce mortel viendra, vous quitterez pour lui « Cet asile de paix dont l'ombre et le silence c< Des conseils corrupteurs gardaient votre innocence. ce Recevez cet époux avec un cœur pieux , c< Comme le do» cf un père et le présent des cieux. »

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