‹ Théâtre de M. C. DelavigneChapitre 78 sur 327 · ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IL

IDAHORE.

Ehquoi ! dans mon orgueil,quoi î dans ma folle audace, Tétais jaloux d'un Dieu dont j'usurpais la place ; Mortel, je m'indignais qu'un Dieu fût mon rival, Et d'un homme aujourd'hui je ne suis plus l'égal! Et ce Dieu, lui livrant mon amante ravie , Lui transporte d'un mot mon bonheur et ma Vie ! Tune m'appartiens plus, tu veux m'abandonner, Dans le fond d'un sérail ils vont t'emprisonner ! Non ! quel est cet époux ? est-il prince ou bramine ? Oh! qu'il a dû vanter son illustre origine ! Quel est son rang, son nom ? où le faut-il chercher? Quel temple ou quel palais peut encor le cacher ?

WÉÀLA.

Calmez* voua, je l'ignore ; hélas! je crains mon père; Je ne sais point braver sa majesté sévère. Par un soin curieux je pourrais l'outrager; J'écoute, je réponds , et n'ose interroger.

IDAMORE

Alar* c'est donc à moi d'écarter le nuage Où se cache des dieux cette invisible image. U s'arroge une part dans leur divinité ; Il voit comme un néant la faible humanité ; Il se trouble à l'éclat de sa grandeur suprême ; U s'impose, il «'adore, il a foi dans lui-même.

i8o LE PARIA.

J'irai le détromper.

Ni AL A.

Parle* plus ba*; les vents Peut-être à son oreille ont porté vosaccens.

IPAMOHH.

C'est mon vœu, ra<* espoir! eh bien, qu'il se -présente y

Qu'il vienne de mes bras arracher mon amante.

Déjà contre le miçn son pouvoir s'est heurté.

Il crut, dans ses complots contre ma liberté,

Me trouver à ses dons une vertu facile,

Ou briser mon orgueil comepe un ipseat* fragile;

J'ai repoussé les dons que présentait sa main,

Et son joug s'est rompu contre ce front d'airain.

INÉALA.

Quel triomphe pour vous! quelle vertu sublime, D'insulter aux objets d'un» culte légitime ! De la nature a? moins n'outragez pas les lois. Parlez, si votre pèrç eût réclamé Ses droits, Auriez-vous méconnu sa voix auguste et chère ? S'il respirait encore....

IDAMORE

Il vît! ah! je l'espère!

Il vit!., de quel malheur viens-tu m'épouvanter ? Excuse des transports que je n'ai pu dompter. J'ignore l'art trompeur, in vanté dans les villes ,

Page 1