‹ Théâtre de m. de Florian (volume 2)Chapitre 85 sur 105 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

în 'établir? je suis si heureuse avec vousl Je n'ai pas uu désir, je ne forma pas uu souuait,que vous ne l'accomplissiez. Laissez-moi dans cette douce position : je ne connois pas le bonheur d'une femme, et celui de la plus heureuse des filles me suffit. Oui, quand bi«i même, ce qui est impossible, TOUS me donneriez un époux qui vaudroit mon père, je serois fâchée de partager mon cœur ; je ne veux aimer que vous , je ne veux rien devoir qu'à vous.

ARLEQUIN

Ma chère enfant, tu n'as pas besoin de m'attendrir pour faire de moi tout ce que tu voudras. D'abord , mariée ou non mariée , tu ne me quitteras jamais; j'en mourrois tout de suite , et je veux vivre encore quelques années. Quant à ta répugnanc»

pour prendre un époux, tu conviendrois peut-€tre qu'il e^t uécesââire d*

la surmonter si tu savois rhistoire de ma fortune, tlcoute-la d'abord;' ensuite nous raisonnerons ensemble comme deux bons amis qui n'ont, qu'un même intérêt. Je conseillerai, et tu décideras.

N 1 s I D Aw:

Aliî mon père!... je vous écoute.

( Ils s'asseient. ) ARLEQUIN.

Ma cliere amie, j'ai toujours été un honnête homme, mais je n'ai pas toujours été de ceux que l'on appelle?

les honnêtes-^èns; car les gens riches sont convenus de s'appeller ainsi exclusivement. J'étois pauvre, moi, et:' j'habitois avec ta merë la petite ville de Bergame. Tu n'étois pas encore née , loisqu'un seigneur iranrois , nommé le comte de Valcour, vint s^'établir dans^ notre ville, et acheta la maison où nous avions un appartement : il nous le conserva. 11 me fit

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