SCENE III
MATHUiUNE , DUVAL , LUCETTE.
DUVAL, d'un ton très fat.
vJ u I , mademoiselle. ( A Mathurine. ) Madame , j 'ai l'honneur de vous présejiter mon respect. (ALucette. ) Depuis que vous m'avez permis de vous offrirdes fleurs , elles viennent d'ellesmêraes dans le jardin de mon oncle.
Vous êtes bien honnête, Monsieur Duval.
M A T II u R I N E , îi part.
Ces fleurs -là vont détruire tout mon ouvrage.
DUVAL
J'espère que madame Mathurine mcj)ermettrabiende iairedeuxj)arts de mon bouquet. Je mettrai d'un côte les roses pour la mère, et de l'autre les boutons pour la fille : chacune aura ce qui lui ressemble. Quoi(|u'en vérité , quand vous êtes auprès l'une de l'autre, je vous prends toujours [K)ur les deux soeurs, et j'ai de la peine à distinguer l'aînée.
JMa niere , entendez-vous?
MATHURINE
Tenez , monsieur Duval , vous croye/- me faire un compliment , et vous vous trompez. Jeserois bien f'âchûij d'être sa sf.vur , car je no scrois
pïus sa mère ; et je ne connois pas dans le monde un nom plus doux, ni un plus bel état.
En ce cas , les roses vous appartiennent. ( Il chante à Mathuriiie. )
"En approchant de vous ces fleurs , \ous allez temîr leurs couleurs , Bien moins biillantes que les vôtres.
( A Luccttc. ) Ces tendres boutons s'ouvriront Quand sur votre sein ils seront Accompagnés de quelques autres.