SCENE Vir. 4J
pour avoir le plaisir de lui en faire une dot.
MATHURINE
Il est certain que, sans moi, ma fille n'auroit pas grand'chose. Son père ètoit pauvre quand je l'épousai, je fis sa fortune. Plaisir bien doux , monsieur Duval , plaisir que je n'ai éprouvé qu'une fois , et qui est le plus grand , sans doute , que la richesse puisse donner !
DUVAL
Vous retrouverez ce plaisir, ma* dame Mathurine , vous le retrouverez quand vous direz à l'époux qu'aura choisi mademoiselle Lucette : Mon ami , tu es aimable , et ma fille t'aime; c'est son métier : mais tu es pauvre , et je te donne toute ma fortune ; voilà le mien. En prononçant ces paroles , vous remettrez dans ses mains vos contrats , vos baux , vos billets , votre *rgcnt ; vous jouirez de sa surprise ,
de sa reconnoissance. Ah ! quel inoment, madame Matliiirine, quelle satisfaction pour mansieur votre gendre et pour vous! Tenez , moi, je suis jiétrèssensible,et moncœurest ému à celte seule idée. Il me semble que je vois tout cela , et je sens la joie... les transports. . . le plaisir. . . Oh ! c'est un beau moment, madame Mathurine !
J'en conviens. Mais je n'ai pas trente-quatre ans; j'ai un cœur tout comme une autre : il est possible que je trouve quelqu'un qui me plaise; il est encore possible que je plaise à quelqu'un. N'est -il pas vrai, mon- 6ieurDuval?on a vu des choses plus extraordinaires.
Pour cela , madame , ce ne seroifc point du tout singulier.