SCENE I
obligations ; que tu t'occupes sans cesse de me prouver ta reconnoissance; et ilnefautpas t'abuser , voistu : c'est ta mère qui t'en doit.
Ah bien oui , par exemple , voilà de jolis propos ! Tenez, je vous parle en ami ; n'allez pas dire ces choses-là devant du monde , car on se moqueroitdevous. Devant moi, à la bonne heure, il n'y a pas d'inconvénient, parceque je vous passe tout. Mais...
MARCELLE
Non, jeveuxquetusoisbiensûr...
Oui , je le suis aussi que vous êtes pour moi ce qu'il y a de plus cher au monde; que sans vous je ne pourrois pas vivre , et que si vous ne m'aimiez pas , je n'aurois plus de plaisir à rien , pas même à aimer Agathe.
MARCELLE
Tu l'aimes bien ton Agathe ?
Oh ! c'est la seconde personne de Tuon cœur. D'abord vous , puis Agathe , puis moi , puis plus rien.
MARCELLE
Heureusement qu'Agathe a un frère qui l'empêche d'être riche , et que son père , M. Thibaut , a déclaré qu'il ne lui donnerolt point de dot.
Sans cela , tu n'aurois pu prétendre à Agathe. Mais , comme elle est pauvre et toi aussi , on vous permettra d être heureux.
Oui , ma mère , tout ira bien. Agathe , comme vous savez , est là filleule de madame la comtesse de Gircour , à qui appartient ce village. Madame de Gircour m'a prgmis hier encore de parler pour moi à M. Thibaut. Cette bonne madame de Gircour , elle m'a dit qu'elle étoit bien fâchée de n'être pas riche : car, sans