‹ Théâtre de m. de FlorianChapitre 5 sur 104 · SCENE I. i · texte numérisé non relu

SCENE I. i

MATH URINE

Ecoute, il ne faut pas encore nous désespérer. Lucette a pu être flattée de la préférence que lui a donnée M.Duval sur toutes les filles du villaire. Chez nous autres iemines , mon ami, la vanité est presque toujours la cause de toutes nos sottises. Lucette n'en est pas exempte : mais son cœur est bon , j 'en suis s ùre ; et avec un bon cœur et une bonne mère , une fille revient toujours. Tu sais comment j'ai élevé Lucette. J'ai commencé par lui persuader la vérité ; c'est que je l'aime beaucoup plus qu'elle ne peut s'aimer elle-même. D'après cette idée, sa confiance en moi est sans bornes; elle me dit ' tout ce qu'elle pense. Je saurai bientôt quelle espèce de sentiment elle a pour Duval; et sois bien sùi que je ne négligerai rien pour la rendre à îa raison et à toi.

ARLEQUIN

Oli ! si VOUS allez me mettre eit compagnie avec la raison, vous n»

ferez rien qui vaille. Je ne veux pas que votre fille m'aime par raison; je ■veux que ce soit par plaisir, comme c'étoit autrefois. Tenez, madame Matliurine, je ne suis point du tout d'avis que vous alliez prêcher mademoiselle Lucette : tous ces sermons-là me feront du tort. Vous feriez beaucoup mieux de m'enseigner la manière d'èlre plus gentil que je ne suis ; d'a- Vuir de l'esprit. . . de petites façons. . . . de petites grâces.... enfin toutes ces drôleries -là dont vous faites tant de cas, vous autres. J al déjà prié ma mcre do me les apprendre; mais ma jniMe dit (|u'il ne me manque rien , • et (juC je suis charmant.

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