DE M. GESSNER
pcre , il y a cinq jours qu'il nous prit tous" deux sur ses genoux et qu'il se mil à pleurer.
Oui , Chloé , il m'en souvient.
Comme il nous remit à terre, comme il devint pâle! Je ne peux plus vous tenir , mes enlaats ; je me trouve
mal très mal. A ces mots , il se
traîna dans sou lit. Depuis ce jour, il est malade.
Et depuis ce jour son mal a toujours augmenté. Ecoute , mon frère, quel est mon dessein. Dès l'aube du jour je suis sortie de la cabane pour cueillir des fleurs riouvelles, et pour en faire ces guirlandes. Je vais les porter au pied de la statue de Pan.
jVotre mère ne dit-elle pas toujours que les dieux sont bons, que les dieux aiment à exaucer les vœux de l'inno- , cence? J'irai, j'offrirai ces guirlandoa
ftoo I D Y L L E
au dieu Pau. Et vois-ta dans cpfte cage tout ce que j'ai de plus ciier, mon petit oiseaul' Eh bien, je veux l'immoler encore au dieu.
O ma cliere sœur! je veux aller avec toi... Je te prie, attends un instant. Je vais chercher ma corbeille, elle est j)leine des plus beaux fruits; et mon ramier, je veux aussi l'immoler au dieu Pan.
Il courut , et fut bientôt de retour.
Alors ii-; allèrent ensemble au pied de la statue. Elle étoit située non loin de là, sur une colline, au milieu des sapins les plus touffus. Là, s'êtant mi? à genoux , ils invoquèrent ainsi le dieu des champs :
OPan î protecteur de nos hameaux, «•conte favorablement nos prieies, recrois nos foibles offrandes. C'est tout»