‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 229 sur 258 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Eb quoi ! dans le sommeil est-il encor plongé ? Non ; de sombres vapeurs il parait assiégé.

Brutus.

BHtJTnS.

Ah! ce tt'ç^t point un songe, un vain prestige. A l'inaiant , Casnus , t merveille ! é prodige. [

hyGoQ^le

ig% BRUTUS ET CASSIUS.

cjLSSiva.

En est-il?

BKUTDS.

Ta m'en toîs encor tout étonné.

Aux noirs pressenti mens , au trouble abendonué , Je veillais, cher Ami; Césat^ k l'instant m&ne , Dans ces lieux, àfinstadt, tel qu'à son )aur suprême, Sanglant, couvert de coups, César m'est apparu. Je l'ai vu.

. CAS8IVS.

Non , Brutos , Aon , tu ne Viia point va :

Non ; la Vie est d'un )Our, la mort est éternelle ; Et quand il a quitta sa. dépouille mortelle , Non , l'homme, rassemblant des vestiges épars, Ne vient pas des viVanS eSrayer les regards.

Pour qui n'est point crédule il n'est point de merveiOe.

BKUTUS.

Puis-je ainsi qu» mes yeux démentir mon oreille ? I! m'a parlé.

CASSITTS.

Nos sens et leurs impressions Sont esclaves, Brutus, de nos opinions; Et l'esprit abusé par un charme invincible , Bientàt croit existant ce qu'il a cru possible. De là ces visions , ces spectres ténébreux , Dans l'ombre de la nuit simulacres a/Treux , Ces accens du trépas et ces voix importunes Qui prédisent , dit-on , les grandes Infortunes , Ces signes précurseurs de nos calamités , Tous ces objets trompeurs par notis même* inventés,

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