‹ Théâtre de M. J. Chénier (volume 2)Chapitre 242 sur 258 · ACTE II, SCÈNE m · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE m

Et des pro^cripUom le cours ensanglante , Crois^noi , pour quelques jours est k peine arrêté.

Eh ! ne ramenez point ces meurtres détestables Que le malheur des temps rendait inévitable». Acceptes désormais leur utile amitié.

Si vous êtes Romains, au nom de la pitié, Au nom de tout l'état que l'amitié vous lie.

Octave est outragé , mais n'importe ; il oublie Que son père adoptif est tombé som vos coups ; Il veut au bien public immoler son courroux.

CASSIUS

n est vrai qne nos mains ont poignardé son père : Ce que nous avons fait , tout Romain dut le faire ^ Et c'est être coupable enfin que d'épai^er Un citoyen romain qui prétend à régner.

De ses jours à grands cris la liberté dispose : Amitié, noeuds du sang, quelques droits qu'il oppose, Les vrais républicains n'écoutent plus ces droits , Dès que la liberté vient d'élever sa voix.

AGItlPPl.

Mais pour la liberté qu'a produit votre zèle ?

BRUTUS

Abl du moins il a su nous monti'er dignes d'elle; Et faut-il nous blâmer si Rome désormais Ne sait pas recevoir les dons qui lui sont faits ? Et quoi! n'avons-nous pas consommé sa vengeance , Blâmé votre faiblesse et votre négligence?

hyGoo^le

4i» BROTUS ET CASSIUS.

Par D0U5 l'usurpateur a trouvé le tombeau;

Et pour prix de nos soins et d'un exploit si beau y

Kome, BOUS trois tyrans, courbe son front docile!

Quels tynins, justes dieux! un pontife imbécile,

Un enfant sans courage , un soldat dissolu :

Ss ont osé prétendre au pouvoir absolu!

O pudenr ! 6 mépris du nom sacré de Rome ! ■

César fut un tyran , mais il fut un grand homme ;

Sylla vit à ses pieds l'Univers abattu ,

Mais Sylla n'était pas un tyran sans vertu.

AGItlPPl.

Ainsi donc , vonlez-^ons que par des mains romaines Deux fois le sangTomain soit versé dans ces plaines? Ab! sous nos empereurs, quand tout sera soumis, L'esclavage et les fers ne nous sont point promis , Mais la paix , succédant à la guerre civile , Mais une liberté moins Gère et plus tranquille. Les amis de César, en vengeant son trépas.

N'ont voulu, dites-vous, que marcher sur ses pas? Ce sont là les humains , telle est notre faiblesse : Par le seul intérêt, déterminés sans cesse, Vertueux par orgueil ou par ambition.

Nos coeurs sont-ils jamais exempts de passion? Vous-même , en observant vos efforts en Asie , On peut vous soupçonner de quelque jalousie.

Eh bien , s'il était vrai , l'Asie est pour vous deu» Un assez beau partage et doit remplir vos veaux. 3e sais votre vaillance , et mon cœur vous honore, Rome TOUS chérissait et vous estime encore ; Mais le Parths insolent, tranquille en ses déserts ,

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