ACTE II, SCÈNE III. 4i
Ose nous dûpater un coin de l'Univers , Et le cœur enivré de sa gloire fiivole , Sur nos dâvb sanglans ïAsidle an capîtole.
AUez venger Crassus, conrez exécuter Ce que notre César avait vonld tenter; Et des bords de llndns, faisant votre conquête , Que bientAt sous vos lois tout l'Orient...
cÀssius.
Arrête.
Si Kome était tranquille , et û de la venger Son ordre souverain nons e&t daigné charger ; Ah ! si nous entendions la voix lïe la patrie, Sois sur que nos efforts, à cette voix chérie, Iraient des mains du Parthe arracher ses lauriers , En lui redemandant le sang de nos guerriers.
Mais nous, des triumvirs suivre la politique! Mais conquérir pour nous , non pour la république! Cesse de nous porter à de tels attentats ; rfous n'avons pas besoin de sceptre ni d'états. Pour des coeurs vertueux régner n'a point de charmes : Si malgré nous enfin nous avons pris les armes, Tu f«ns de l'ignorer , mais voici notre but : Des Romains opprimés conquérir le salut, Abattre les tyranà et le pouvoir suprême, Et tu viens nous oârir d'être tyrans nous-même!
Agrippa, c'est trop nous insulter.
Mous voulons Jes punir, et non les imiter.
hyGoo^le
4i4 BRUTDS ET CASSIUS.
Mais tout ce que je vois a droit de me confondre ;
Agrippa, c'est à toi qu'il nous fallait répondre!
As-tu pu te charger d'un si honteux emploi ?
Ce paisible esclavage est-il donc fait pour toi?
Triumvirs, dans nos coenrs ils n'ont'rien A prétendre;
Nous devons les haïr : nous pourrons les entendre ,
S'ils veulent aujourd'hui rentrer dans le devoir,
Et vivre désormais sans mattre et sans pouvoir.
Oui, parmi leurs ^aux je consens qu'on me nomme,
Et je suis leur ami, s'ils sont amis de Rome.
AGRIPPA
Mais vous qni vous croyez ses bons, ses vrais amis.
Les Parthes , les Gaulois sont moins ses ennemis.
Que prétend , dites-moî , ce langage héroïque.
Cet inflexible orgueil d'une vertu stoïque ?
Oui, si tous le» Romains savent vous imiter,
La forme de l'état peut encore subsister.
Mais tout est bien changé. Fiers de leur opulence ,
De tous vos magistrats contemplez l'insolence ,
Contemplez un état accablé de langueur.
Les vices triomphans et les lois sans vigueur.
Par des t3rraBs obscurs vos dignités flétries.
Vos nobles marchandant les voix des centuries,
L'or achetant le peuple et jusqu'aux sénateurs ,
L'or nommant vos consuls , vos tribuns , vos questeurs ,
Citoyens sans amour pour la chose publique,
Généraux éblouis du^wuvoir despotique ,
La liberté mourante et l'empire incertain.
Avec le glaive impie errant de main en main.
A cinq lustres à peine ont succédé cinq lustres ,
hyGoo^le