ACTE III, SCÈNE II
Épanchez votre coeur devunt ce grÀnd t^trfn , Attendez le moment-, peut-être îl n'est pas loin. D'un ministre du ciel td sera lé langage ;■ Fénélon, votre ami, Tons dira davantage.
Je ne méprise point l'amonr et M» AcnJeun, Et je n'ai point l'orgUeil d'insulter à des pleurs^ Je suis honmie et sensible iras passton» tnatmiaiés; Mon cœur est pénétré dn i^t de Vos prines :
Elles s'adouciront auprès de l'amitié; Partageons vAs cliagrins, j'm prendrai la moitié; Bénissons tons les deux le^iour ((n nous rassemble; Quelquefois, mon' aurî, notis plenrennn csisemble.
d'elk&hce Que vous m'attendrissez ! que ce langage est doux l Où prene^vous ce ton qui n'appartient qu'à voiia? La vertu d'elle-même est partout respectable; Vous doublez son empire en la rendant aimable. Je vous ai, Fénélon, lassé de mon malheur; Consolez-^noi du moins avec votre bonheur ; Que jfe puisse admirer l'éclat de votre vie ; Vous méritiez sans doute un sort di^e d'envie. La fortune en naissjint vous a tendu les bras) Les plus brillans succès ont marqué tous vos pae;' Vertueux sans orgueil, sage avec indulgence, Vous avez condamné vos rivaux au silence; Votre ame a triomphé ipiand la mienne a gémi, . Et la gloire...
D'Ehnance, épargnez votre ami.
Je n'ai point eu de gloire , et cetl^ vaine idole ,
hyGoo^le
Même pour le grand hoDune, est une otnbre frivole.
On ne m'admire point; puissé-je fttre estimé!
Je tiens surtout, d'Elmarice, an bonheur d'être aimé.
Je vais de mes destins vous ùàn confidence:
Je ne murmure point contre la Providence^
J'ai connu les chagrins, mais j'ai su les souflrir,
Et tout homme ici bas doit pleurer et mourir. -
Sans fatiguer les deux de plaintes étemelles.
Nous pouvons adoucir ces épines cruelles ^
Dans le champ de la vie il faut semer des fleurs.
Et c'est nous, trop souvent, qui faisons nos malheurs.
J'ai sur ces sentimens iqndé ma vie entière..
Vous m'avez vu jadis entrer dans la carrière ;
L'indulgence accueillit mes timides essais ;
Même dans un autre âge elle a fait mes succès.
Xai durant trois hivers, au hord de la Charente,
Parmi les protestans traîné ma vie errante,
Pour apaiser des cœurs justement irrités.
Aigris par des revers qu'ils n'ont pas mérités.
Là, j'ai vu, mon ami, ta misère publique,
Tous les maux qui sont nés d'un édit fanatique;
Jai calmé les chagrins; j'ai converti l'erreur:
Aujourd'hui de Cambrai je suis nommé pasteur:
Quand de l'épiscopat les soins doux, mais pénibles ,
Me laisseront goûter quelques momens paisibles ,
Je veux de l'amitié cultiver les plaisirs,
Et d'utiles travaux rempliront mes loisirs.
Art de former l'enfance, intéressante étude,
Tu viendras de tes fleurs orner ma solitude.
TTqus avons oublié la nature et ses lois;
Les cris des préjugés ont fait taire sa voix. -
hyGoot^le