‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 114 sur 251 · ACTE II, SCÈNE IV. aS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. aS

J'ai TU mes jours marqués d'étemelles allaimes;

Souvent au seio des nuits j'ai répandu des larmes.

Aujc temps de mon éclat si j'ai peu ménté

Cet appareil de gloire et de prospérité ,

J'en atteste le ciel, et mon cœur, et vous-même,

Et j'en atteste encor ce sacré diadème

Que vos bontés jadis attachaient sur mon front ;

Je n'ai pas un instant mérité mon auront.

Songez , sire, songez qu'à vous seul asservie,

Je vous ai consacré mon amour et ma vie-,

Que du jour où j'ai pu vous nommer mon époux

Je n'ai jusqu'à ce jour respiré que pour vous.

La couronne, un palais, n'ont rien que je r^rette:

Je n'ai point oublié que je naquis sujette.

Reprenez ma grandeur, vos bienfaits, votre amour:

Vous n'avez pas besoin de me ravir le jour.

Ah ! je saurais mourir ; mais , hélas ! je suis mère ;

Mais je laisse une fiUe et vous êtes son père ;

Ou platât maintenant ma GRe n'en a plus ;

Au fond de votre cœur tous ses droits sont perdus :

Ma fille est sans appui; moi seul je lui reste,

Et je sens que ma mort lui serait trop funeste.

Faudra-t-il que ses yeux, errans dans ce palais,

Cherchent toujours mes yeux sans les trouver jamais ?

Que sa voix innocente, et jamais entei;kdue ,

Appelle en vain sa mère au tombeau descendue ? '

Non \ c'est trop de rigueur. Nous quitterons ces lieux ;

Vous ne reverrez plus des objets odieux :

Nos deux noms inconnus périront siu- la terre ;

Loin de vous, loin d'ici , bien loin de l'Angleterre ,

En quelque antre écarté je puis m'ensevdir :

234 HENRI Vni.

La misère et t'exîl ne me font point pâlir ;

Dans les bois, dans les flancs d'un rocher solitaire,

■Tirai, j'irai cacher et la fille et la mère.

BEMBi, àpart Je snccomhe. Ah ! Seimour !

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