SCÈNE PREMIÈRE
CLÉMC, LÀ SALLE.
Lti S&LLE.
Vous fuyei.
Je -fuis Am crimmels.
nign^Pdi-vGoOgle
Où «ont-ils î
CLÉRiC. ' LA SALLE.
Dans le temple , au pied
des
saints
antels.
dhes-vûm?
cLin^c.
LA SALLE
QuW pBnple^9à)né<le carnage Veut rendre un Dieu clément complice de sa rage ,
cl£kac.
]e reconnais en vous le soutien des Calas.
LA salle.
Oui, je les soutiendrai ^ je :iie m'en dtfends.j^,'
CLÉBAC.
Ce grand zèle du moins n« peut-il se contraindre ?
LA SALLE
Os sont infortunés ; nous devons tons les plaindre.
CLtKAC. "
n est vrai.
LA SALLE
Nous surtout qui devons les juger.
Je les crois ïnnocens , et je ne puis songer Qu'un irère en sa fiirear ait égoi^é sou frère. Ou qu'un fils ait péri sous la main de son père.
CLÉKAC.
Vous, qui me soupçonnez de quelque aveuglement^ Vous qui , d'un parricide étonné justement ,
nign^Pdi-vGoOgle
ACTEI, SCÈNE I. agS
Le juges impossible, et refusez d'y croire, Faut-ît de vos discours rappeler la mémoire ? Cent fois je vous ai vu, les yeux baignés de pleurs, Des superstitions raconter les fureurs.
Je n'ai point, comme vous, gotité dès ma jeunesse Les principes bardis d'une altière sagesse : .
Dans ma religion lîen n'est douteux pour moi , Et ma raison fléchit sous le joug de la foi : Mais je puis concevoir qu'un zèle fanatique Arme contre son fils la main d'un hérétique.
Je sais qu'en votre cœur Dieu seul est adoré , Que Dieu seul à vos yeux est un objet sacré.
M En tons lieu., disiez-vous , nos malheureux ancêtres » Ont toujours épousé les passions des prêtres ^ V Et, toujours ajoutant au culte de Tautel, » Les bumaiiù ont gâté l'oeuvre de l'Éternel, w Quoi! mondeur, ce fléau si grand, si redoutabley Quoi ! des religions ce mal inévitable , Au culte protestant seraitril étranger, Ou l'esprit d'une secte aurait-il pu changer î*
J,Jl sallb.
Non , non ; le fanatisme enfante tous les crimes ; Sans ^ard et sans choix il frappe ses victimes; Du sang , de la nature , il fait taire la voix : Mais , pénétrant aussi dans le temple des lois , Souvent, vous l'avouerez, «a terrible puissance Aux mains des magistrats fait pencher la balance.
CLÉSiC.
Termmons un discours qui pourrftît nous aigrir.
a94 JEAN CALAS.
LA SALLE
Oui , parmi vos pareila hâtez-rous de courir. Au sein de nos remparts de zAés catholiques Jadis ont immolé des milliers d'héréUques :
Une fête annuelle est l'afireux monument Qui retrace i nos yeux ce grand événement; De ces meurtres sacrés c'est le jour séculaire.
CLtl.AC.
J'ai quitté de Bruno le cloître solitaire; A mes concitoyens je viens me réunir , Et célébrer comme eux ce san^ant soutedir.
LA SALLB.
Eh bien ! jouissez donc de cette horriUe image ; Par d'homicides vœux célébret le carnage; Joignez-vous au vulgaire , et rendes grâce ans deux Des forfaits qu'autrefois ont conmiis vos aïeux.
I cl£rAc.
Modérez ces transports.
LA SALLB.
D^^ral4efl tontréeS, Aux supersûtions si constamment livrées!
Hél»s! de vos reveri quand finira le eoors?
Le terme en est-il |»oeheP <Ju verrai-je toujours Des citoyens , poussés par un zHe bizarre , Excusable pourtant qumd il n'est poÏBt bMibare , Porter publiquement, en signe de douleur.
Des vëtemens hideux sous diverse couleur?
Vous, juge, initié dans ces sombres mystères,
nign^Pdi-vGoOgle