‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 165 sur 251 · ACTE n , SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE n , SCÈNE H

clAxac.

Est-ce de vos parms U demeure ordinaire ?

LAViïSSE.

Cest là que de tout temps a résida mon père.

CLÉKiC.

Ses joars ne sont-ils pas consacrés à la loi ?

LAVIÏSSE.

n s'ast rendu fameux dans l'honor^)le emploi De défendre an barreau les droits de l'innocence, Et le faible opprimé chérit son éloquence.

C1.ÉKAC, i la ■erraiite.

Vous , femme qui pleurez , qui gémisses tout bas , Approchez , répondez : vous serviez* Jean Calas ?

LA SEIVAHTB.

B est vrai.

CLÉaAC.

Cependant vous êtes catholique P

LA seuvante.

Grâce au ciel.

Clérac.

Vous pouviez servir un hérétique !

LA SEHVABTE.

Tai vécu bien long-temps; mais je n'ai point connn D'homme plus généreux, plus rempli de vertu.

Mon maître et .son épouse ont aidé l'infortune ! Ils n'ont jamais trouvé sa demande importime. Ijorsque j'entrai chez eux, au [»ed de leurs auteb

n,gN..(jNGoogle

3io JEAN CALAS.

Us venaient de s'unir par des nœuds solennels.

Hétas! deux ans après, le ciel, en sa colère,

D'un époin fortuné fit un malheureux père.

Je cultivais les fruits de ce tendre lien ,

Et le cœur maternel se confiait au mien.

Mes yeui: furent témoios du jour de leur naissance ;

Ces mains i^e vous voyez ont bercé leur enfance.

Pour mes soins chaque jour recevant des bienfaits ,

Tai vu dans la maison l'innocence et la paix.

Je ne m'attendais pas , non plus que tous , mon maître ,

Que je verrais monrrir l'enfant que j'ai vu naître,

Ni qu'un jour des parens n bons et si chéris

S'entendraient acc^mer du meurtre de leur fils.

CLÉnic.

Retracez-nous , vieillard , l'événement funeste.

]EÀN CALAS.

Je vais donc ranimer la force qui me reste.

( Montrant LaTaïue. ) Ce jeune homme à nos yeux est un de nos enfans; La plus tendre amitié me joint à ses paréos : Ce sont des nœuds formés depuis quarante années. D avait dans Bordeaux passé quelques journées^ De retour en ces murs il venait nous revoir-, Nous étions réunis pour le repas du soir.

Ma femme auprès de moi, lui, mon second fik Pierre, Et ce fils dont la mort perd sa famille, entière. Je me trouvais heureux ëiivironné dès miens; ' Et le temps s'écoulait en ces doux entretiens Sans suite et sans apprêt, doift le désordre aimable

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