‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 173 sur 251 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

Qui d'ÂntoÏDe Calas finit la destinée , Des -voisins effî-ayés ont entendu des cris.

LA SALLE

C'étaient les crïf du père. Ëtefr-vous donc surpris Qu'un vieillard éperdu , <ju'ime famille entière , . Voyant l'horrible mort et d'un fils et d'un frère , Fasse éclater au loin ses plaintives douleurs? Touliez-vous la ôontraindre à dévorer ses pleurs i* Four condamner un homme il faut que J'évidence Ait de son attenUt démontré l'existence.

Ah! je réclame id , non pas l'bumanitê, Mais l'austère raîsoii d'où naît la vérité.

Quelques enlàns , ingrats jusqu'à la barbarie , Ses auteurs de leurs jours ont abrégé la vie' : On a vu', je le sais , des fib dénaturés Oser verser le sang de ces objets sacrés :

Alors, pour désigner un si grand homicide, Nos aient ont crée le nom de parricide ; Mais ils n'ont pas prévu qu'au sein de son enfant Un père pût jamais porter son. bras sanglant. Égorger un mortel que soi-même on fit naitre! Ce forfait incroyable, impossible peut-être, Jusqu'à nos tribunaux n'était point parvenu, Et le noni d'un tal crime est encore inconnu!

CLÉnic.

Vous êtes défenseur, et vous n'êtes pas jnge.

LA SALLE

Et du faible innocent quel sera le reioge?

nign^Pdi-vGoOgle

3ao JEAN CALAS.

Dans vos bizarres lois qu'iav^ita la foreur.

L'homme accusé d'un crime a-t-il un défenseur? D est seul, sans conseil, près d'un juge implacable Qui semble avoir besoin de le trouver coupable. Au pied des tribunaux une fois amené , .

L'accusé, s'il est pauvre, est déjà condamné.

CLÉRAC

Vous servez les Calas avec un zèle cKtr&me.

Les Calas, dites-vous? non pas eux , mais vous-même.

Si je p^ arradier le glaive de vos mains ,

Et de ces accusés prolonger les destins,

C'est k vous , magistrats, que je rends un service ;

Je vous sauve du sang , les remords , l'injustice ;

Je veux fermer l'abîme entr'ouvert sous vos pas :

Si vous me repoussiez , vous seriez des ingrats ^

Et vous seriez couverts du sang de l'innocence ^

Si votre boucbe osait prononcer la sentence.

Je crois que nous' pbnvons prononcer Sans eSifoi' Quand nous avons pour Bons des preuves et là loh Jeune homme, es^il prudent^ est^ bitin éqoi&iUc, Que dis-je? ést-îl hutbaiti' d'absoudre le cbilpoMe? Ah ! quoi qu'en puisse dire un zèle exagéré , Les témoins sont ouïs, le crime est avéré ; Ainsi donc, je conclus...

LA SAtt.E,'Klnai>t aVecpr^pitatioD.

Homtaie', hMUUë'îiflpitioyame,

nign^Pdi-vGoOglc

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