‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 174 sur 251 · ACTE II, SCÈNE m. 3ai · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE m. 3ai

Tu vas donner d'un mot la mort i ton semblable.

CLÊRAC.

lia loi veut...

Ll SALLE.

Arrêtez.'

Quoil vous seul contre totu.

LA SALLE

H n'importe; arrêtez. Je tombe k vos genoux.

CLÉRAC

Prétendez-vous aux lois enlever leur victime ? Pouvez-vous bien. . . ?

LA SALLE

Je puis vous épargner xm crime.

Vous êtes tons d'accord : moi, seul de mon côté, Seul... avec la justice, avec l'humanité.

J'ose vous conjurer, mes compagnons, mes frères, Vous , au nom de vos fils , vous , au nom de vos pères , Et toui, au nom du ciel que vous croyez venger, De différer encor le moment de juger , De ne point prononcer, de peser, de suspendrç L'irrévocable arrêt que vous prétendez rendre. Si l'on exécutait cet arrêt odieux , Si bientôt l'innocence éclatait k vos yeu^ , Quel attentat! Pour vous quel avenir hoirible! Verra-t-OB, dites-moi, dans ce moment terrible, L'innocent expiré sous le fer d'un bourreau Sortir k votre voix de la nuit du tombeau?

AnéanlireB-vous son trépas , son supplice ?

nign^Pdi-vGoOglc

Chacun de vous alors , pour n'être pas complice , Four n'avoir pas trempé <lans Tarrêt inhumain , Voudrait donner son sang, et le voudrait en vain. Oh! ne soyez point sourds à ma voix qui vous prie; Songez hien qu'il y va d'un homme et de sa vie , Que vous vous préparez les tourmens du remord, Qu'il ne sera plus temps de'retarder sa mort. Plus temps de réparer un crime irréparable, Mais qu'il est toujours temp de punir un coupable. (Tout lea nugistrati le UTcnt.)

CLÉKjLC.

Vous le voulez... eh bien!... mais d'abord calmez-vous.

Ll SALLZ.

Vous répandez des pleurs! vous m'environnez tous'.

CLÉRiC.

. Je ne le cache pas, mon ame est ébranlée :

Il faut en ce moment dissoudre l'assemblée.

Bientôt nous reviendrons teitainer ces débats. Nous avons juré tous, ah! ne l'oublions pas, De n'en croire jamais que notre conscience.

D'écouter la loi seule , et non pas l'éloquence.

Woubliez pas non plus que vous avez juré D'ofirîr à l'innocence un secours assuré; N'oubliez pas surtout qu'en frappant ]a victime, Si vous vous abusez, votre erreur est un crime; Que c'est un meurtre afirenz , plus aSreux mille foi» Que celui qu'un brigand commet au fond des hois ;

nign^Pdi-vGoOglc

Page 1