‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 23 sur 251 · ACTE III , SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE I

Cruel ! eli ! que résoudre ?

Demeurer , je suis vil et rien ne peut m'absoudre ; Fuir...

d'amboise.

Tu reprends ta gloire.

TniEiriiE.

Et je perds le bonheur.

Du chcùx qui m'est resté conçois-tu la rigueur ? Flotter entre une amante et l'honneur, la patrie, Entre le désespoir, hélas ! et l'infamie.

d'awboise.

Wes-tu d(mc plus ehréden?

TCKEBEE.

Je suis encore amant.

d'amboise.

Insensé!

TtrtIENNE.

L'oublier !

d'amboise.

Tu le dois.

TVKEMBE.

O tourment !

D*AIIBOISE.

Faut-il être avili ?

TUBEUDE.

Faut-il être pagure ?

d'ahsoise.

Tore>.

TVRENKE.

Qne décider?

d'amboiSe.

Bends-ioï , je t'en conjure :

Que dis-jc ? on te l'ordonne ; et non plus l'amitié , Et non pins pour ton père un reste de piti^ , Non plus tous les chrétiens, Bouillon , ni l'honneur même ; Mais nn plus grand pouvoir , mais une voix suprême , Un Dieu qui nous entend , qui nous voit en ces lieux f Qui repose sur toi ses invisibles yeux.

Ne trahis point , Turenne , une cause si belle ; Tout doit s'anéantir lorsque Dieu nous appelle. Tu rent«nds , il te parte , il veut être écouté , n venge tôt ou tard son ordre rejeté :

Ton cœur, songes-y bien, devant lui fut coupable. Tu frémis. Ne rends point ton crime irréparable \ Mérite le pardon qu'il te faut obtenir.

Et ne lui laisse pas le temps de te punir.

3e ne résiste plus ; courons , courons aux armes. D'Âinboise , en t'écoutant je rougis de mes larmes. D'un feu moins triom.phai4 mon cceur fut pénétré , Alors que dans Clermont le pontife inspiré , Urbain , des lieux sacrés prêchant la délivrance , Au tombeau glorieux précipitait la France.

Jamais le saint ermite et ses mâles accens , De cet effiroi divin n'embrasèrent mes sent.

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