‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 234 sur 251 · CORNÉLIE · texte numérisé non relu

CORNÉLIE

Non , non , cruel ! c'est k moi qu'elle est due ; L'orgaeil des Scipions dont je suis descendue , Le nom , les di^ités , le rang de mes aïeux , Tous ces filmâmes vains ne simt rien à mes yenx :

4o6 GÂIUS GRACCHUS.

Mes fils I voilà mes Inens , mes trésors , ma parure ;

Tai gravé dans leur cœur les lois de la^ nature ,

Le respect pour le peuple , et l'amour de ses droits :

Au seio de leur berceau je leur ai dilt cent fois

Qu'il faut de l'indigent soulager les misères ,

Que des patriciens les plébéiens sont fi-ères ;

Que l'homme en tout pays naît pour la liberté ,

Et qu'il n'est de grandeur que dans l'^lilé.

Tous deux ont cm leur mère , et leur min est contente :

Ils ont par leur vertu, surpassé mon attente.

Je vous rends grâce , 6 dieux ': j'ai porté dans mon sein

Deux mortels vraiment grands , l'honneur du nom^main .

Leur gloire impérissable à la mienne est tuùe ;

L'Univers avec eux citera ComéHe.

Si le sénat punit la gloire et tes vertus ,

C'est trop peu d'immoler le dernier des Graccbus :

Ne vous arrêtez point au milieu de vos crimes ;

Consul, patriciens, voilà d'autres vicdmes.

Venez ; près de Caïus vous voyez tous les siens.

Où sont vos meurtriers? ses ferfàits sont les miens.

Par sa mère du moins commencez le carnage;

Sur mon corps déchiré frayez vous un passage ,

Payez de vos trésors nos cadavres sanglans ,

Et goûtez à longs traits le plaisir des tyrans.

LE PEUPLE

Vive des deux Graccbus la digne et tendre mère !

OFIHIVS. '

C'est avec ces discours qu'on séduit le vulgatre ; Voilà -par que]£ ntoyeiu h» fléioix de l'état

nign^Pdi-vGoOgle

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