ACTE m, SCENE V. 4ai
Aux meilleurs citoyei» prépare un nouveau pi^ j On parle d'un décret; de toi, de Fulvius :
Il est bien des Komains égarés ou vendus.
Les discours séduisans , les perfides caresses , Les élt^es flatteurs , les bienfaits , les promesses , L'or , premier des tyrans , premier des séducteurs , Drusus prodigue tout au nom des sénateurs.
De quelques vrais Romains que peut le vain courage t* L'éclair nous avertit ; laissons passer l'orage : Fuyons. Quelques amis jusqu'aux monts Apennins Sont prèu à nous guider par de secrets chemins. Déjà la sombre nuit couvre lés sept ccUines , Et descend par d^irés sur les plaines voisines : Viens ; nous suivrons tes pas au bout de l'Univers , De cités en cités , dans le fond des déserts : Les lieux où tu vivras seront notre patrie , Une épouse qui t'aime , une .mère chérie , Adouciront le poids de tes calamités , Et nous pourrons du mpins mourir à tes cAtés.
GKJlCCHUS.
Avec la liberté tu veux que je m'exile !
Quand Rome existe encor , moi chercher im asile I
Fuir au sein de la nuit , par des chemins secrets ,
Comme un Inigand chargé du poids de ses forfaits !
Abandonner ce peuple au sénat qui Topprinie [
Désercer ma patrie ! y songer est un crime.
Et que penserait-on de l'indigne soldat
Qui fuirait ses drapeaux au moment du combat?
nign^Pdi-vGoOgle
4i9 CAIUS GRACCHUS.
Mon ; l'aspect du përil agrandit le -coun^ :
Combattre les tynuu fut toujoar* mon partage. C'est ici iju'à dos droits ils osent insolter : Cest ici qu^est mon poste , et j^ prétenâs rester ; Et, quand aous leur» eâôrU Rome entîire' chancelle, Je dois relevu" Rome, o« tomber avec eDe.
Je t'approuve ; et je cours ramener en ces lieux Le peu de citoyens dignes de nos aïeox.
Gracchua est en péril , et le peu^ sommeille ! Les tyratu sont vainqueurs ; que le pettple s'éralle ! Je veux que ses débris , par un denùer câbrt , Portent chez l'oppresseur l'épouvante et Ja mort. Pleins d'un beau désespoir teuttois la dcstïaée. Si ce jour est pour nous k dernière journée , Aux esclaves du nHÙns nous ferons nos adieux , Et c'est la liberté qui fermera nos ^uz.