‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 49 sur 251 · TOME I, ' J · texte numérisé non relu

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plus accusé la nation française du seizième siècle , et non pas la nation française actuelle , à qui seule je dais obéissance et respect; vous voyez encore que f si j'avais attaqué les erreurs de la nation française actuelle, bien loin de lui manquer de respect , j'aurais fait le devoir d'un bon citoyen t par conséquent , il est démontré que votre objection est absurde a tous égards. Mais , par surabondance de droit , je vous nie maintenant ce que j'ai pu vous accorder tout-à-l'heure. Le massacre de la Saint-Barthélemi n'est point le crime de la nation ; c'est le crime d'un de vos rois; et il ne faut point confondre vos rois avec la patrie , malgré les maximes d'esclave qu'on vous débite à vos théâtres y dans vos prétendues pièces nationales ; c'est le crime de Charles IX, de sa mère , du duc de Guise , du cardinal de Lorraine; c'est le crime de la cour; c'est le crime du gouvernement, comme la révocation de l'édit de Nantes, les massacres des Cévennes'; et , pour ne pas faire une énumération trop longue , comme tous les malheurs qui ont affligé durant quatorze siècles cette grande et superbe nation, écrasée de règne en règne, et de ministre en ministre , mais qui est fatiguée de la servitude , et qui sent entin sa dignité.

On me reproche surtout avec amertume d'avoir fait bénir par le cardinal de Lorraine les armes des catholiques qui vont égorger les protestans. Je

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sais que ce cardinal était à Rome à l'instant du massacre de la Saint -Barthélemi; mais il serait alisiirde d'exiger du poète qui compose une tragédie nationale la scrupuleuse exactitude d'un historien. Dans ime tragédie, il suffit de ne faire agir ses personnages que d'une manière conforme à leur caractère connu. Je serais blâmable , par exemple^ si j'avais peint le chancelier de l'Hôpital comme un homme intolérant et sanguinaire, ou le cardinal de Lorraine comme un prélat vertueux. Ou n'ignore pas que ce prèlrë ambitieux et superbe, qui avait obtenu des gardes pour l'accompagner, qui avait accumule sur sa tête tant d'évêchés et tant d'abbayes, maître de l'esprit de Médicis, et par elle de l'esprit de ses enfans , fut le principal auteur des désastres qui ont souillé les règnes de François II et de Charles IX. Ou n'ignore pas qu'il voulut établir en France le tribunal de l'inquisition. On n'ignore pas qu'il conduisît l'abominable projet de la Saint-Barthélemi ; et ce fait fut démontré par les lettres que le cardinal de Pellevé lui adressait à Kome , lettres que les huguenots interceptèrent. Qui n'a pas entendu parler de l'édit des gibets, en iSSg? Qui n'a pas entendu parler de cette bulle de i543 , où le pape. Clément VII lui accordait pour lui , et pour douze persopnes à son choix , l'absolution des plus grands crimes , tels que l'homicide, l'inceste, le sacrilège , deux

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fois pour liii , et une fois pour chacune des personnes choisies ? Et , s'il faut en croire quelques esprits timides , je n'aurais pas dû ipeprésentçr le cardinal de Lorraine bénissant les exécuteurs des meurtres qu'il avait conseillés! Ah! tous les amis de la vertu ^ tous les ennemis du crime , doivent me rendre grâce, j'ose le dire, d'avoir mis son fanatisme en action de la manière la plus énergique, et d'avoir livré ce prêtre intime à l'exécration de la postérité.

' Il n'est pas vrai que les événemens désastreux doivent être effacés du souvenir des hommes ; cette pensée fausse n'est digne que d'un rhéteur pusillanime : ils doivent y vivre à jamais, au contraire, pour leur en inspirer sans cesse une nouvelle horreur, pour j^rmer le genre humain contre des fléaux dont le germe est toujours subsistant , quoique souvent il soit caché. Les fanatiques assurent qu'il n'y a plus de fanatisme, les tyrans qu'il n'y a plus de tyrannie, et la foule des gens à préjugés ne cesse de crier que les préjugés n'existent ■plus. Quand tous ces mensonges seraient autant de vérités, les tragédies d'un peuple libre, d'un peuple éclairé, devraient toujours avoir un but moral et pôlitiqu»; et les principes de la morale et de là 'politique ne sauraient changer. 11 faudrait toujours, à ne considérer même que la perfection de l'art , représenter sur la scène ces grands événemens tra-

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^ques , ces grandes époques de l'histoire , qui intéressent tous les citoyeDs; et non plus ces intrigues amoureuses , qui n'intéressent que des femmes.; non plus ces passions si fades, étemel aliment de cent tragédies , qui se répètent sans cesse , et qui se ressemblent toutes par la mollesse et l'absence d'idées. Poètes tragiques français, lisez j relisez Sophocle et Tacite ; connaissez bien le siècle où le sort vous a placés ; songez , en observant le peuple nouveau qui vous environne, qu'il est temps d'écrire pour des hommes, et que les eufans ne sont plus.

O Racine, poète sublime et naïf dans Athalie, austère dans Britannicus, partout sensible et touchant, partout correct^ élégant, harmonieux, loin de moi l'esprit des barbares qui méconnaissent tes admirables beautés! Certes, malgré tes défauts, qui sont ceux de ton siècle , et que tes grands talens peut-être ont rendus plus contagieux , je vois et je révère en toi le génie le plus parfait qui ait illustré les arts de l'Europe. Mais faltait-il abaisser ce génie au rôle de complaisant de cour? fallait-il ambitionner des succès aux petits appartemens de Versailles , ou dans le couvent de Saint-Cyr? fallait-il enfin perdre tes veilles à composer des tragédies allégoriques, à retracer en .vers excellens, mais peu tragiques, et encore moins philpsophiques, les amours du jeune Louis XIV et de la lUle de

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Charles !«'', ou les amours du vieux Louis XIV et' de la veuve Scarron? Homme fait pour éclairer la France , qu'importaient à la France Esther et Bérénice? Ah! si au lieu d'écrire cette longue élégie royale , tu avais traité le grand sujet que j'ai tenté; si tu avais employé ton temps et *too éloquence à donner à tes concitoyens d'énergiques leçons de tolérance et de liberté y tu aurais servi ta nation , qui avait alors plus d'éclat que de bonheur, et plus de talens que de lumières. Peut-être le conseil de Louis XIV n'aurait pas été animé du même esprit que le conseil de Charles IX; peut-être l'industrie , des Français n'aurait pas enrichi l'étranger de notre ruine ; et peut-être le sang des Français n'anrait pas coulé sur les échafauds du Languedoc pour des opinions théologïques.

Afin de créer parmi nous la tragédie nationale , j'ai choisi le sujet le plus tragique de l'histoire moderne. J'ai banni de ma pièce ces conQdens froids et parasites qui n'entrent jamais dans l'action, et qui ne semblent admis sur la scène que pour écouter tout ce qu'on veut dire, et pour approuver tout ce qu'on veut faire. Les sept personnages les plus illustres de la France à la fin du seizième siècle servent à nouer et à dénouer mon intrigue importante. Voici comme j'ai conçu leurs caractères.

Catherine de Médicis n'a d'autre passion que de b^>mper et de commander. Toujours calme, toi»*

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îours îaébraDlahle dans ses desseins y les moyens lui sont indiâërens , pourvu qu'elle réussisse. Artificieuse par caractère et par système ^ eUe sait justifier sa conduite d'après les principes du machiavélisme, principes affreux, qu'elle développe de manière à séduire aisément un esprit faible; principes d'ailleurs presque universellement adoptés dansces'temps où la véritable politique était encore inconnue. Catherine de Médicis gouverne son fils; mais à son tour elle est gouvernée par les Guises.

Oa doit remarquer dans le duc de Guise et dans le cardinal de Lorraine son oncle un même esprit d'orgueil et d'audace , maïs diversement modifié selon la difTérence de leur âge et de leur état. Le duc de Guise a toute l'énergie d'un jeune ambitieux ; on sent qu'il a de la peine à tromper ; et, tandis qu'il parle au nom de la France et du bien public, souvent il laisse entrevoir son désir de vengeance et ses vues particulières. U insulte lui-même Coligni. Le cardinal, au contraire, désigné par Colignî d'une manière outrageante, -fait semblant de lui pardonner. Le cardinal, plus mùr et plus politique que son neveu, en alléguant les intérêts du ciel, s'oublie toujours lui-même en apparence. Il est aisé de comprendre que son zèle pour la religion n'est qu'un zèle hypocrite. Il abuse de l'Ecriture- Saiote et des usages les plus respectés de la reli-

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gïon catholique. Sa conduite est un sacrilège perpétuel.

Charles IX, assiège', flatté, corrompu sans cesse et par sa mère et par les Guises, flotte dans une irrésolution perpétuelle. U est très-faible, et par conséquent très-facile à émouvoir. On voit cepen-, dant que tous ses penchans sont vicieux. Il est jaloux de son frère le duc d'Anjou; le sang ne l'épouvante pas , le pai^ure encore moins. Ce n'est pas un roi faiblement vertueux; c'est un méchant sans énergie.

L'amiral a ce caractère sombre et méfiait que forme la longue expérience du malheur. Sa haine contre les Guises est égale à leur haine contre lui ; mais son cœiu- magnanime ne peut soupçonner son roi. Dans les projets qu'il communique à Charles IX, projets qu'il avait en effet conçus , on doit voir un génie actif, étendu, véritablement patriotique, mais que des circonstances malheureuses ont rendu funeste à la France.

Le chancelier de l'Hôpital est éminemment vertueux. U dit hardiment la vérité. Ami des bons, ennemi des méchans, mais lent à les soupçonner , il voudrait concilier tous les partis. Il tient en quelque sorte la place du chœur des Grecs. Sa vertu , son génie , sa vieillesse , donnent un grand poids à son autorité. Dans ses discours, quelquefois pleins de véhémence, et toujours pleins de sagesse, il

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rappelle k œux qui l'écoutent l'histoire des temps passés. Il a les mœurs d'un vieillard. homme detat et homme de lettres.

La candeur, la confiance et la bonté sont les 4pialités qui distinguent le jeune roi de.NaTarre, depuis Henri IV. L'âge de ce prince et la nature du su^et ne me permettaient pas de lui donner dans cette tragédie un rôle très-important ; mais il est respecté même par ses ennemis; il est annoncé comme devant être quelque jour un grand homme; et le chancelier de l'Hôpital, en quittant une cour perfide, présage le bonheur des Français s'il parvient à régner sur eux. Enfîn le roi de Navarre devance le cri de la nation entière , dans son imprécation contre Charles IX.

Les personnages de cette pièce se nomment mutuellement sire, madame , ou monsieur. Le mot seigneur^ qui serait absurde dans les tragédies nationales, ne peut-être à sa place qne dans les pièces où l'on peint les mœurs espagnoles et italiennes; il est déraisonnable lorsqu'on fait parler les anciens Romains ou les Grecs. Le niot qui répond en grec au mot seigneur n'est jamais employé dans Sophocle et dans les autres tragiques d'Athènes. La grande connaissance que Racine avait de la littérature ancienne ne permet de lui faire qu'un reproche, c'est d'avoir cédé trop facilement, en ce point comnie eu quelques autres, à l'usage établi

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sur la scène française. Les hommes tels que lui sont faits pour mener leur siècle, et non pour le suivre. Leurs moindres omissions tirent à conséquence. La multitude, qui ne raisonne pas, se prévaut de leur exemple, -quelquefois involontaire; et leur autorité triomphe long-temps de la raison la plus évidente. 11 me reste à faire une réflexion générale et relative aux mœurs publiques. Qu'on s'avise de faire des tragédies en prose ; cpj'on nous exhorte à laisser là Sophocle et Racine pour imiter les dégoûtante» absurdités du théâtre anglais, et les niaiseries bur* lesques du théâtre allemand ; ces sottises sans conséquence sont plus divertissantes que dangereuses : tout cela passe , et va bientôt du ridicule à l'oubli. L'ennemi constant, le fléau le plus redoutable, je ne dis pas seulement de notre théâtre, mais des arts et des moeurs chez les nations modernes, c'est cet esprit de galanterie, fruit de l'i^orance de nos ancêtres, esprit contriaire au vrai but de la société, esprit humiliant pour le sexe qui est convenu d'être trompé, et plus encore pour celui qui trompe. Je n'en chercherai point l'origine , je n'en suivrai point les progrès; cette question intéressante, et que je pourrai traiter ailleurs me mènerait ici beaucoup trop loin. Qu'il me suflise d'établir , de manière à n'être point désavoué par les gens capables de réflexions, qu'il me suffise de faire sentir que ce^t esprit déraisonnable a ralenti singulièrement la

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marche des nations modernes dans les arts et dans la morale : il a pour ainsi dire mutilé nos passions. Mais les vertus et les talens viennent des passions ; mais les senles passions font concevoir et exécuter de grandes choses.

Si tonte l'Europe est domine'e de cette chimère puérile , la nation française en est plus atteinte que toute autre , non par un caractère particulier, mais par une foule de circonstances qu'il serait trop long d'expliquer ici. Entrez dans l'attelier de nos peintres , de nos sculpteurs, courrez à nos (béàtres y ouvrez nos poètes , nos orateurs , nos historiens même , parcourez nos livres de morale , et jusqu'à nos livres de physique, vous trouverez par- , tout des traces de cet Incurable préjugé. Et qu'on ne dise pas que c'est une suite nécessaire de la- civilisation ; la galanterie diminue , au contraire , à mesure que les peuples sont plus civilisés. Je prends à témoin l'expérience. Je ne parlerai point ici de» Romains et des Grecs , qui n'ont jamais connu cft mœurs ridicules. Je veux m'en tenir aux modernes. Comparez le dix-huitième siècle au temps de la chevalerie.

Femmes , sexe timide et sensihie , fait pour être la consolation d'un sexe qui fait votre appui , ne craignez point cette austère et tragique peinture des forfaits politiques. lie théâtre est d'une influence incalculable sur les raceurs générales. U

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faut en faire une école de vertu et de liberté. I/e« bommes n'y recevroDt plus de ces molles impres— ûons qui les dénaturent. Us deviendront meilleurs et plus dignes de votre antour : ils redeviendront des hommes. Les mœurs des vi11e$ ne se modèleront plus sur les moeurs dépravées de la cour. Oa ne verra plus en France hommes et femmes sans pudeur et même sans passions , troquer de sexe , pour ainsi dire , et se déshonorer mutuellement par cet échange monstrueux.

Pères de famille , laissez fréquenter à vos enfans ces spectacles sévères. Avec le respect des lois et de la morale, ils y puiseront le goût de notre histoire , étrangement négligé dans les collèges. Et TOUS enfans, nation future, espérance de la patrie et d'un siècle qui n'est pas encore , vous ne serez point les hommes des anciens préjugés et de l'anden esclavage ; vous serez les hommes de la liberté nouvelle. C'est à vous surtout que mes écrits conisennent. Je sais qu'un philosophe, un poète , un écrivain , ne doit attendre de justice comjdète que lorsqu'il n'en peut plus jouir , et qu'il est enseveli dans la poussière du tombeau . Mais ceux qui commencent la vie sont peu jaloux de ceux qui approchent du terme; et si j'existe encore dans trente années, au milieu des clameurs calomnieuses qui m'auront assailli dès ma jeunesse, vos suffrages consoleront sans doute la vieillisse du poète national.

11 est nécessaire qu'un auteur tragique se roïdisse contre le torrent des modes fugitives. La tragédie doit peindre les passions humaines , dans leur plus grandeéaei^e.Ladîflërencedesépoqueset des contrées exige quelques légères différences dans les formes; mais le fond doit être le même. L'espiît change ; le cœnr humain ne saurait changer. Cependant , s'il faut peindre la nature , où la trouver autour de nous? elle est si fardée, si voilée, sî chargée de vêtemens étrangers , quelle n'est plus reconnaissable. Jetons au loin ces prétendus omemens qui la couvrent et la déguisent, nous retrouverons la pureté des formes antiques. Les Grecs l'ont représentée nue dans leurs poèmes comme djuis leurs statues. Les mœurs , les institutions,' les lois, les usages, tout les conduisait à la vérité; tout nous pousse en sens contraire. Ils ne connaissaient pas les préjugés gothiques, et l'hydre des conventions qui nous assiège. Suivons lé conseil d'Horace ; lisons-les jour et nuit. Il ne s'agit plus de Jes traduire; remplissons-nous de leur esprit, et créons comme eux.

Des hommes qui n'ont rien à dire s'écrient sans cesse qu'on a tout dit. Ces mots n'ont point de sens, «t jamais on ne petit tout dire. L'art suivra le destin de son modèle; il s'épuisera quand la nature deviendra stérile. Mais la nature,' qui n'entre pas dans les passions des pejîts critiques , produira toi»-

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jours des objets yariés entre' eux, malgré leur ressemblance apparente , et toujours des hommes supérieurs, en très-petit nombre, il est vrai, qui sauront apercevoir et peindre cette extrême variété. Le zèle des prophètes de malheur, prêts dans tous les temps à désespérer de leur siècle, est dicté par la vanité jointe à l'impuissance , et nullement par la saine raison. Le génie même ne peut deviner les bornes du génie. Je vais plus loin; l'individu doué de cette faculté précieuse qu'on nomme génie ne ' peut deviner ses propres forces. Il ne saurait prévoir à quel degré des circonstances, quelquefois prochaines, pourrtrat esalter son ame.

Je sais qu'on imprime encore , à la fin dn dixbuîtième siècle, que la philosophie est ime invention pernicieuse , et que tout sera bouleversé , si elle vient à triompher dans l'esprit des hommes : c'est dire en d'autres paroles que tout sera bouleversé quand les hommes auront du bon sens. Si c'est upe vérité, il faut convenir du mpins qu'elle ■n'est pas évidente. On peut d'ailleurs prédire aux ennemis de la philosophie que tous leurs efforts seront inutiles. Permis à eux de retourner de la lulumière aux ténèbres; mais qu'ils ne se flattent pas d'y ramener l'Europe. Elle s'avance à grands pas des .ténèbres à la lumière. C'est la marche nécessaire de l'esprit humain, qui ne peut rétrograder ^depuis l'invention de l'imprimerie.

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Puisfié-je dans mes ouvrages y et surtout danf mes tragédies politiques et aationales^ne pas rester inutile au progrès de cette philosophie bienfaisante et courageuse ! Puisse l'étude et l'expérience mûrir mon faible talent ! Puissé-je élever un jour quelques monumens qui ne déshonorent point la langue française , et qui ne soient pas toat'à-fait indignes d'une nation éclairée depuis près de deux siècles par le génie des grands écrivains!

XX août 1788.

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PERSONNAGES

CHARLES IX , roi de Francf .

CATHERINE DE MÉDiaS, mère de aarles IX.

HENRI DE BOURBON, roi de Navarre.

Le cabdinal de LORRAINE.

Le ddc de guise.

L'amibal de COLIGNI.

Le chancelier DE L'HOPITAL.

Membres dd conseil.

Pbotestans de la suitede Colignî.

Courtisans,

Pages.

Gardes.

La scène est dans Paris, au chdleau du Louvre.

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ou

LA SAINT-BARTHÉLEMÏ,

TRAGÉDIE

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