‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 53 sur 251 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHARLES, CATHERINE, HENRI, COLIGNÏ , , L'HOPITAL, LORRAINE, GUISE; pbotes- .

rk9S DE LA SUITK DE CoLIGNI, C0UHT15AHS, PAGES, GAKDES.

CATHERIKE , bas à Lorraine.

' Flattons nos ennemis ; ne nous trahissons pas : Ce jour verra la. paix, cette Quit leur trépas.

Vous tous qui m'écoutez, soutiens de mon empire, Dont le cœur généreux pour la France respire , Un grand événemement doit signaler ce jou(, L'olive dans la main , la paix est de retour. Fixons4a désormais par un traité durable.

Je signe le premier cet acte vénérable Qui par tous les partis fut long'temps désiré : Gage de nos sermens, cpi'il soit toujours sacré ; A nos champs dévastés qu'il rende l'abondance *, Et qu'entre les enfana son heureuse influence Fasse renaître encore , en ce jour précieux , L'amitié qui jadis imissait leurs aïeux.

L^B6PtTAL.

Sire, d'un vieux Français laissez couler les larmes. Hélas ! quand vos édits répandaient tîmt d'alarmes , Contraint de les signer , j'ai maudit mon emploi :

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ACTEI, SCÈNE m.

11 m'est cher aujourdliiii ; je signe, après mon roi Udë paix que mes vœux sollicitaieut sans cesse. Heuretix de voir ce jouri je bénis ma vieillesse. Après dix ans de guerre , ô France , 6 mon pays , J'ai TU finir tes maux ; mes destins sont remplis.

En signant cette paix j'achève mon ouvrage.

Bourbon, jeune héros dont le noble courage Fresque dès le berceau promit de grands destins , Avec soin j'écoutai ces présages certains ; Mon cœur vous désigna pour l'époux de ma fille. Et vous , digne héritier d'une illustre famUle , Vous qui, des Chàtillons, surpassant les exploits, Défendîtes long-temps le trône des Valois , Soyez encor l'appui , non l'eâroi de vos maîtres. Le rang , les dignités , les biens de vos ancêtres , Tout vous est aujourd'hui rendu par ce traité : Rendez-nous votre cœur, votre bras indompté.

L'étranger , nourrissant nos guerres intestines , A grossi son pouvoir /onde sur nos ruines :

Que ses lâches complots soient promptement punis , Et que Philippe tremble en nous voyant unis.

Je àgne avec transport. Coligni , daignez lire Cet intportant traité qui doit sauver l'empire. Les articles d'avance étaient réglés par vous : Tai respecté vos vœux, je les ai suivis tous. Nos débats éternels affligeaient le ministre ; Us ofiraient au prélat un aspect plus sinistre;

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Aui mains de Coligni qu'elle reste înTincible ; Mon aïeul la portait dans ce combat terrible Qui sous le long effort de nos preux chevaliers Des monts helvétiens vit tomber les gueiriers. Quittons ces lieux, madame, «t préparons des fêtes, Non telles qu'on en voit au moment des conquêtes. Dans ces malheurs brillans qu'ion nomme des succès, Non c^s jeux sans plaisir, ennemis de la paix. Que célèbre l'oi^çil, et non pas l'allégresse, Mais des jeux embellis par la publique ivresse ; Et d'un peuple enchanté que l'innocente voix Calme le noir sooci qui Teille au cœur des rois!

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