‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 94 sur 251 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

FUtrftnst toat-A-coiq) le nOm de coin Aable. ' ;

Le connétable de Bonrbon , persécuté par la duchesse d'AngouIéme , mère de François 1er, ge vit contraint de chercher un asile h la cour de Charles-Quint dont ïl commanda les armées. La haine qui anima contre lui la duchesse d'An- T01I£ [. i3

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^uléme ne venait , disent quelque* historiens , que d'un amour dédaigné. Le connétable de Bourbon quitta la France en i523 : il gagna l'année suivante , contre l'amiral de Bonnivet, la bataille de Rébec, oli Bayard fat tué; et, en tSaS, la célèbre bataille de Pavîe oti l'amiral Bonnivet fut tué, et FranfoisI fait prisonnier. Il mourut, en iSa^, au siège de

' Deux fois le dac d'Anjou, confondantleaTs deiiehii.

Dam nu suig criminel a pu tMinper àeniiilim.''"

Le duc d'Anjou , depuis Henri III, avait gagné deux batailles contre le parti calviniste : celle de Jamac et celle de Môncontour.

Voua n'aimez que mon frire i et je passe mes jours A l'entendre louer , i l'admirer toujours.

Des quatre fils de Catherine de Medieis , Henri ITT fut celui qu'elle aima le plus. Charles TX était jaloux' de cette préférence , et de la gloire qu'il avait acquise avant de régner.

Hëlas! ce priuce aveugle, à lui-même coôtraire, Hepoussait les cohsnla et le cœur 9e sà'tnèi^.

François II , dans l'espace très-court de son règne , fut gouverné uniquement par le duc de Guise et son frère le cardinal de Loi

Nièce du grand L^on , GUe des M^icisj

c'est-à-dire , petite-nièce de Lécrn X,' fille de LsKRnt de Médîcis , duc d'Urbin , neveu àfi ce pontife célèbre.

Avec Montmoredci je vis enfin s'Aeîndre

Le nom des Triumvirs qui n'était plus il craindre.

Le triumvirat était formé du duc de Guise , du connétable

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de Montmorenci et du maréclial de Saint-André. Ce dernier mourut, en i562, à la bataille de Dreux ; le duc de Guise fut assassine l'année suiTante au siège d'Orléans ; te connétable de Montmorenci fut tué, en 1567, à la bataille de Saint-Denjs : il ne savait ni lire ni écrire. La mort de ces trois hommes renforça beaucoup le parti protestant, déjà très-fort depuis Is massacre de Vassi, premier signal des guerres civiles. Les grandes injustices révoltent. Ceux qu'on voulait opprimer deviennent plus grands, .^près le massacre de Vassi les calvinistes furent en état de livrer des batailles. La Saint-Barthélemi produisitia Ligue. Les protestans ne furent point détruits ; et ceux même qui avaient conseillé le crime pour relever , disaient-ils , l'autorité royale prête à tomber en France , profitèrent de l'horreur universelle pour anéantir cette autorité. L'assassinat du duc de Guise aux états de Blois fit égorger Henri III et son Olustre successeur.

Philippe et ses sujets sont nos vrais adversaires. .

Philippe IT , roi d'Espagne , fut lié toute sa vie avec la faction des Guises : il fut l'ame et le soutien de la Ligne. L'amiral de Coligni, persuadé qu'on devait à ce monarque hypocrite et cruel une grande partie des malheurs de la France, ne négligea rien pour engager Charles IX à porter la guerre eu Espagne et en Flandres. Outre les raisons de vengeance , Coligni donnait des raisons politiques pour déterminer cette entreprise : il croyait qu'une guerre étrangère pourrait seule faire cesser la guerre civile en France.

Carlos, avant le temps au tambeau descendu.

Jette un cri douloureux qui n'est pas entendu : Le aaag de votre sœur demande aussi vengeance.

Isabelle de Valois, sccur de Charles TX , épousa Philippe II, roi d'Espagne. Elle avait été promise à don Carlos , et périt

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, dit-on, pour s'être montrée trop sensible à e jeune prince. Ils moururent tous les deux en

Penui'TOas qu'il oublie, en fà*eur de ta France, Et linr* coDtoiuas aïeux et Ictw donble alUance?

L'empereur Masimilien II et le roi d'Espagne Philippe I! étaient cousins germains. Maxïmilien avait épousé Marie d'Aiitriche , sœur de Philippe; et Philippe , Harguerite d'Autriche , sœur de Maximilien.

Au temps oCi Charkï-Quint, laiséde m grandeur, nommant son fils monarque , et sou fr^re empereur.

En j555, Charles-Quint abdiqua la couronne d'Espagne -en faveur de Philippe II son fib , et trois ana après , la couronne impériale en faveur de son frère Ferdinand I , père de Maximilien II. Cette division de l'héritage de Charles Quint changea l'équilibre de l'Europe. C'est par cet événement que la France parvint , un demi-siècle après , i prendre son rang de puissajice dominante.

Ab! liKome oubliait qu'un roi... de votre nom BMuisit Aleiandre à demander pardon !

Il est ici question de Charles VIII et d'Alexandre VI. L'entrée triomphante de Charles YIII dans la ville de Rome est de i495- Après avoir conquis presque toute l'Italie , il revint en France , épuisé d'hommes et d'argent. L'exemple de ce prince ne désabusa point Louis XII et François 1 , ses successeurs, de cette chimérique conquête de l'Italie. Leurs succès ruinèrent la France , malgré l'économie de Louis XII , et la vêaaUté des charges établie sous François I. Les finances de

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France, écrasées de jour en jour depuis U mortd«LouisXIr ne se relevèrent que soua le nûnistëre de Sully.

Il g'elère pour nous aux champs de l'Amëriqu* De nouveaux intérêt], une autre politique.

L'amiral de Coligni fut le premier qui envoya une colonie française dans le nprd de l'Amérique. Ëa découverte de ce continent, et la découverte bien plus importante de l'imprimerie , ont changé la face de l'Uaivers. La communication des idées est devf nue si rapide , qu'on peut prédire saiw témérité que la puissance héréditaire et la superstition seront exilées du monde dans quelques siècles, et de l'Europe entière avant cent années. La perfectibilité indéfinie du genre humain était une idée chère à Condorcet. Elle dicta Je dernier ouvrage de ce grand homme , dans le temps même oii il périssait victime d'une opinion corrompue , et de quelques bourreaux ambitieux qui mettaient toute leur gloire h dégrader l'espèce humaine.

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