‹ Théâtre de M. J. ChénierChapitre 96 sur 251 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

La France , dont jadit il mérita reatime , Le croit de l'héreaie un d^feuieur zâé j Et son penchant secret noua est trop révéU.

Le chancelier de l'Hôpital défendit la cause des protestans au colloque de Poissy, en i56i , et l'année suivante à l'assemblée de Saint-Germain. Le discours qu'il prononça au colloque de Poissy fut censuré par la Soriionne. Cette chaleur qu'il mit à défendre un ti«rs des Français fut attribut^ par la multitude à son penchant pourles opinions nouvelles: de là le proverbe populaire, Gardons-nous de la meise du chancelier.

De r^^ae oulng^e hninble et docile enfant , Et etié par ses main* prêtre du Dieu vivant.

Je puti interprëter les volont^a sacrés.

Le cardinal de Lorraine avait neuf évéchés ou archevêchés , et autant d'afabayes. Au concile de Trente , il s'opposa fortement à l'éfablissemeat du divorce en France ; mais , eu récompense , il proposa pour ce royaume l'établissement dr l'inquisition. Dès ce moment , il avait conçu le dessein Ae

nign^Pdi-vGoOgle

ao4 NOTES.

perdre l'amîral et tous les chefs des protestai». Écoutons

Pasquter, cité par Bayle, article du cardinal de Lorraiue.

• Parce que les ministres , dit-il , gagnaient auparavant le

• peuple par prêches et exhortations , aussi M. le cardinal

■ de Lorraine a voulu faire le semblable entre nojis. Il a

■ premièrement prêché en l'église Notre-Dame , ouï d'une o incrédibile aSIuence d'auditeurs ; et depuis en l'église

■ Saint-Germain-l'Auierrois , toutes les fériés et octaves de » la Fête-Dieu, par entre-suites de journées, lui prêchant X un jour , et le lendemain le minime dont je tous ai cii> dessus écrit ; admonestant sur toute chose le peuple qu'il

■ fallait plutôt mourir et se laisser épuiser jusqu'à la der-

• nière goutte de son sang, que de permettre , contre l'boni> neur de Diea et de son église, qu'autre religion eût cours » en France que celle que nos ancêtres avaient si étroite- » ment et si religieusement observée. Ce m'a été chose aussi » nouvelle' de voir prêcher un cardinal, comme peu aupa^ >• ravant un ministre. Il a escité grandement le peuple aux H armes. » Bayle termine cet article par une invective éloquente contre le cardinal de Lorraine dont les mceors étaient «ussi peu évangéliques que le caractère; Cette énergique sortie trouvera sa place ici; et peut-être l'autorité de Sayle en imposera k quelques gens qui , ne ccmnaissant pas mieux l'histoire que la poésie dramatique , m'ont reproché d'avoir représenté ce cardinal bénissant à Paris le glaive des assassins. Il était à Rome sans doute ; mais de Rome il dirigeait les meurtres qu'il avait conseillés ; mais il donna mille écus d'or au courrier qui lui apporta la nouvelle du massacre, h C'était un grand cardinal qui ne s'ex-

> posait à rien en allumant par tous les coins du royaome I" la guerre civile : il était assuré de suivre toujours la cour,

> à l'abri de tout danger et de toute peine , et que , pendant » que les provinces seraient ud théâtre de carnage , il coa-

NOTES. îio5

• tinueraît à se vautrer dans les voluptés ; que ion luxe , sa

• pompe, sa bonne ch^re, ses amourettes, ne souffriraient I point d'interruption. C'est là un sujet de scandale qui > doit augmenter prodigieusement l'horreur que fait aax ' amea Traiment.çli rétien nés un prédicateur boute^u, cor- ' net de guerre , et de supplices et de tueries ; bomme qui , ' a proprement parler, n'est point de la religion de Jésu»-

• Christ , mais de celle de Saturne , et qui , dans le fond , <• pratique ce que lef prêtres de Carthage pratiquaient an-

• ciennement en l'honneur de ce faux dieu ; ils lui immo- » laient des hommes, et s'imaginaient que sa religion de- » mandait de telles victimes. ~

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