‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 338 sur 350 · LUSSAN, LE CHEVALIER, LA COMTESSE, LE MARQUIS, LA PRÉSIDENTE · texte numérisé non relu

LUSSAN, LE CHEVALIER, LA COMTESSE, LE MARQUIS, LA PRÉSIDENTE

LE CHEVALIER

Est-on plus malheureux? (A la Présidente.) Et c'est vous, Madame...

la présidente, V interrompant.

Quoi donc?... je viens ici (tout le monde le sait, car on me le répète depuis une heure ), je viens uniquement pour vous faire plaisir... et cela n'a pas l'air de vous faire plaisir du tout.

LE CHEVALIER

Comment? moi, qui...

la présidente, V interrompant.

Vous deviez tant rire de la ligure que chacun ferait en me voyant !... et il n'y a que vous qui fassiez une figure risible ! le marquis , à part.

Est-ce lui qui se moque de nous ? est-ce elle qui se moque de lui?

le chevalier, avec impatience.

Encore une fois, je n'y puis rien comprendre.

MADAME DE SURGIS

Ah ! c'est affreux, Monsieur!... Et vous, Madame, comment avezvous eu l'idée de venir ici?

Mais... ne m'attendait-on pas? n'étais-je pas invitée à prendre part à vos plaisirs, à jouer aussi un rôle dans la comédie ?

MADAME DE SURGIS

Mais enfin...

la présidente, l'interrompant.

N'est-ce pas jouer la comédie, qu'essayer de passer aux yeux de tous pour ce qu'on n'est point ; qu'accepter, par exemple, la main d'un homme, c'est-à-dire lui promettre sa tendresse quand on ne peut la lui donner?...

(Elle fixe ses regards sur madame de Surgis, qui fait un mouvement.) MADAME DE SURGIS.

Madame!...

la présidente, regardant Lussan.

Quand un autre la possède, et qu'on sacrifie pourtant et l'amour qu'il éprouve et celui qu'il inspire à un rang, à une fortune qu'il ne peut offrir et dont la vanité ne saurait se passer ?... lussan, à part.

C'est très-bien ce qu'elle dit là !

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