SCÈNE II
MELCOURT, FORESTIER, MARIE, madame D'HORBIGNY.
forestier, à Melcourt , d'un ton sec.
Bonjour, monsieur de Melcourt ! (A madame d'Horbigny.) Ah ! je vous salue, belle cousine. (Regardant Marie.) Bien ! bien ! à la bonne heure ! voilà une toilette ! Enfin, vous vous êtes décidée à vous parer de vos diamants ! j'ai donc le plaisir de vous voir mise comme une femme qui a cent mille livres de rentes et un mari qui ne lui refuse rien!... Vraiment, vous avez parfois des toilettes si simples qu'on pourrait croire que je ne suis pas riche ou que je suis avare ! et Dieu merci ! l'argent ne vous manque pas !
MARIE
Votre générosité envers moi et envers mon père a toujours excité ma reconnaissance.
FORESTIER
Votre père veut vivre à la campagne ? eh bien ! je l'ai installé , comme un prince, dan? la belle terre que j'ai achetée à douze lieues de Paris. Vous allez dans le monde ? je veux que vous ayez les plus riches parures , qu'on dise : Quelle est donc cette femme qui a les plus beaux diamants, les plus beaux chevaux?... c'est la femme de
Forestier de M. le baron Forestier; car , vous ne savez pas ? je
viens de me faire faire baron ! c'est une surprise que je vous ménageais ! Ce soir , au bal, on annoncera madame la baronne Forestier !... Ça fait bien, n'est-ce pas ?
MELCOURT.
Oh ! certainement ! les titres aujourd'hui sont comme ces vieilles armures de nos pères , qui ne servent plus , mais que chacun s'amuse à essayer.
forestier , à sa femme qui rit.
Allez- vous encore , Madame , vous moquer de mes idées , applaudir aux sarcasmes de monsieur et me contrarier ?
MARIE
Moi ? oh ! jamais, Monsieur .'
FORESTIER
Dans les grandes occasions, je ne dis pas, et même, vous vous soumettez de bonne grâce dans les petites.