‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 49 sur 350 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MARIE, CHARLES

marie , avec un dépit amer.

Tant de sacrifices! s'être condamnée à ce cruel mariage, et se voir trompée sans combat!... Nous repoussons celui que rien ne peut remplacer pour nous!... Nous renfermons souvent dans notre cœur un secret qui nous tue !

Charles , d'un ton ironique.

Oh ! vous êtes à l'abri de ce chagrin, vous qui n'aimez pas, disiezvous tout à l'heure.

MARIE

Moi!

Vous qui n'avez jamais souffert!

MARIE

Mon Dieu !

CHARLES

Qui n'eûtes pas un regret.

MARIE

Oh! ne dites pas cela! ce que je veux cacher m'échapperait... car il y a là un poids, une douleur...

CHARLES

Non !... non!... vous n'aimez rien !

MARIE

Ce mal qui brise mon cœur depuis huit années...

CHARLES

Vous êtes si heureuse !

MARIE

C'est plus que je n'en puis supporter.

CHARLES

Ah! vous ne regrettiez pas notre amour.

MARIE

0 mon Dieu ! moi qui fus prête à céder à mon désespoir ! Ma force, ma santé, ma vie, se sont usées dans cette lutte cruelle ; parfois me croyant coupable, parfois me sentant généreuse. Ecoutez, Charles ! dans les premiers temps de mon mariage, quand mon père fut sauvé du déshonneur, que je vis sa vieillesse heureuse et paisible, j'eus du courage, je me disais : C'est une noble action... elle m'a tant coûté !

Et vous viviez solitaire, dédaignant cette opulence que vous aviez payée si cher ?

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