SCÈNE PREMIÈRE
FANNY, MELCOURT.
(Au lever du rideau, Fanny arrange des fleurs dans un vase ; Melcourt entre.)
MELCOURT.
Madame la baronne Forestier est-elle visible ?
Pas encore, Monsieur; mais cela ne tardera pas : veuillez attendre un moment.
MELCOURT.
Jamais il n'y eut plus de difficultés pour la voir que depuis une année qu'elle est veuve.
FANNY
Madame a fait elle-même l'éducation de mademoiselle Cécile, sa fille, elle ne la quitte presque pas, et, dans cet instant encore, elle est avec elle.
MELCOURT.
Mais cela ne pourra pas être toujours ainsi : le mariage de madame Forestier avec M. Charles d'Arbel...
FANNY
Le contrat se signe aujourd'hui même, et c'est justement parce que le mariage devait se faire, parce qu'il ne laissera plus à madame la possibilité de disposer de tout son temps pour sa fille, que, pendant cette année de deuil, elle ne l'a pas quittée : aussi mademoiselle Cécile, à seize ans, a-t-elle des talents et une instruction rares !...
MELCOURT.
Ce n'est plus un enfant, mais une charmante fille.
FANNY
Madame est si bonne !... que je suis sûre que c'est autant pour ne pas être distraite de l'éducation de sa fille, que par respect pour les convenances, qu'elle n'a pas voulu recevoir M. Charles d'Arbel, durant tout le temps de son deuil !... mais, aujourd'hui que la consigne est levée, il est venu de bon matin, je vous assure.