‹ Théâtre de Mme. AncelotChapitre 63 sur 350 · CÉCILE, MARIE · texte numérisé non relu

CÉCILE, MARIE

marie , rêveuse, à elle-même.

Ce qu'Albertine m'a dit... je n'y crois pas, certes et cela m'a

troublée pourtant.

CÉCILE

Là ! vous voilà rêveuse, et oubliant que je suis près de vous.... ce que c'est qu'une mariée !

MARIE

N'as-tu pas dit que tu as quelque chose à me confier ?

CÉCILE

Oh ! cela n'est pas pressé... mais votre mariage?...

82 MARIE

MARIE

Oui, tu as raison. Viens là, mon enfant! (Elle s'assied, Cécile s'assied auprès d'elle sur un siège plus bas.)

CÉCILE

Que je suis bien ainsi !... Ce sera toujours ma place.... toujours à vos côtés, n'est-ce pas?

MARIE

Oh ! certes! Mais écoute, ma fille : depuis un an, nous ne nous sommes pas quittées un seul instant ; ton cœur et ton esprit se sont développés; ta raison même a devancé ton âge, et je me suis inquiétée , je l'avoue , de voir succéder si vite à l'insouciance d'une enfant le sérieux d'une jeune fille. Cependant, c'est heureux peutêtre ? Je ne craindrai pas de te dire qu'après toi , ce que j'aime

le plus au monde, c'est celui à qui je vais m'unir.

CÉCILE

Et je ne l'ai jamais vu !

MARIE

C'est pour cela que je dis : après toi ! car je n'ai rien voulu distraire de ces jours qui t'appartiennent encore exclusivement ; et je m'en applaudis ! A présent, Cécile, nous verrons plus de monde, et, dans les avantages de mon bonheur, je compte pour beaucoup la possibilité d'assurer le tien.

CÉCILE

Comment?

MARIE

Je veux penser à ton mariage.

cécile , faisant un mouvement.

Me marier ! moi !

MARIE

J'éclairerai ta raison , sans commander à ton cœur. Je ne pense pas, moi, qu'il faille interdire tout examen et toute réflexion à une jeune fille, et la jeter ensuite dans le monde, ignorante des devoirs et des dangers qui l'attendent. Non ! il ne faut pas même qu'elle croie que le bonheur récompense toujours la vertu ; mais il faut qu'elle sache que les sacrifices qu'on lui fait laissent de douces impressions à l'âme, et que la situation des femmes est telle que le dévouement est une des lois de leur destinée, comme fille, comme femme et comme mère. Pourtant , et c'est là qu'est ma joie , chère enfant! tout me fait espérer que ta vie sera une belle exception. Tu choisiras toi-même.

CÉCILE

Quoi! maman... si quelqu'un me plaisait... si j'aimais...?

MARIE

Oh ! je suis sûre que ma Cécile n'éprouvera de sympathie que

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