ACTE III, SGEISE X
MARTE
Oui !.- (A part.) voyons !...
melcourt, à part.
Que veut-elle faire?...
Charles, à part.
Je tremble ! . . .
MARIE
Lisez, Cécile... lisez !... c'est votre mère qui vous l'ordonne.
( Elle lui a remis la lettre. ) Cécile, lisant d'une voix émue.
« Vous savez combien je vous aimais ! oui, toute mon âme était à « vous, mon ami !...»
(Elle lève involontairement les yeux sur Charles.) marie , l'examinant avec anxiété.
Elle le regarde !...
Cécile , lisant.
« Le mal affreux qui serre mon cœur me tuera, j'espère!...»
(Elle regarde encore Charles.) marie, à part, avec désespoir.
Oh oui !... plus de doute !... c'est elle !...
Cécile, lisant.
« Une longue vie avec une pareille douleur, ce serait un affreux « supplice, Charles !...»
(A ce nom elle s'interrompt.)
Oui, Charles î... il s'appelait Charles !... continuez. {Cécile essuie une larme; Marie dit à part : ) Elle pleure !... Cécile, lisant.
« Que de larmes retomberont sur mon cœur !... car il faudra les « cacher î...»
( Sa voix s'affaiblit.)
marie, à part.
Oh !... comme elle souffrirait !... elle aussi !...
Cécile , lisant.
« Et si la mort ne vient pas, que de longues années il me faudra « souffrir... moi qui suis si jeune ! »
marie, à part.
Si jeune !... ma Cécile qui devait être si heureuse !...
cécile, lisant.
« Mais le devoir a parlé, et, quel que soit l'avenir, je ne murmu- « rerai pas contre la Providence, si elle assure un bonheur qui « m'est plus cher que le mien !... »
(En lisant ces phrases, sa voix s'est raffermie.) marie, à part, avec joie.
Sa voix se rassure !... bien !... bien !...
n MARI K.
Cécile, Usant, a Mon ami , priez le ciel pour moi !... (elle est très-émue) qu'il « me donne force et courage !...»
marie, à part.
Dieu ! on dirait que la vie va la quitter aussi !...
Cécile , lisant.
« Et que la vertu nous console de notre amour !...»
(Elle tend la lettre à Charles.) marie, prenant la lettre et soutenant sa fille. Ma fille!...
Cécile, se jetant dans ses bras. Ma mère !...
marie, l'embrassant avec transport et se tournant vers Melcourt et madame d'Horbigny.
C'est ma fdle !... c'est mon enfant !... toute petite, elle reposait sur mon cœur pour le consoler !... quand elle souffrait, son premier cri était : Ma mère !... et j'étais là !... oh ! comme on souffre des douleurs de son enfant !.,. comme on l'aime !... un jour... ali ! je ne l'oublierai jamais... un mal affreux la tenait mourante sur son berceau... tout était fini... avait-on dit!... mais je sentais, moi, qu'elle ne pouvait pas mourir sans sa mère !... je la réchauffai... je devinai son mal... je le guéris... elfe ouvrit ses yeux., me tendit ses petits bras... Mon Dieu ! tu m'as donné un pareil moment , et j'ai osé me plaindre du sort !... et je perdrais le bien que tu m'as rendu !... Cécile, ma fille, ses fraîches couleurs, son doux sourire.... sa joie naïve... qui me rendrait tout cela ?.. sa vie serait donc aussi affreuse que la mienne? .. mais son bonheur?.., j'en dois compte au ciel !... à elle-même... à moi qui suis sa mère... sa mère... (Elle pousse sa fille dans les bras de Charles.) Vous ne me quitterez jamais?... (Charles et Cécile veulent tomber à ses pieds ; elle les arrrte, embrasse sa fille, et se tour nant vers Melcourt et madame d'Horbigny.) Elle sera heureuse!...
MADAME D'HORBIGNY.
C'était Cécile...
melcourt, à Marie.
Eh quoi!... toujours des sacrifices!... où sera donc la récom pense?...
marie, radieuse, mettant la main sur son cœur. Là !... (levant la main vers le ciel) et là !...
ISABELLE