SCÈNE XXI
DURAND, LE VOISIN, puis COQUELET, puis LOUISE.
LE VOISIN
Vous n’êtes pas plus prêt que ça ? Je parie que vous alliez oublier de tenir votre promesse 1
DURAND
Non, cher voisin, pas du tout. Mais est-ce que vous exigez que je sois en toilette ?
LE VOISIN
Oui, certes; les personnes qui veulent faire connaissance avec vous sont des dames.
DURAND
Alors, c’est différent, (u sonno.) Vous ne m’aviez pas dit... (a Coqueret qui eutro.) Mon habit noir, une cravate blanche I (Coqueret entre dans la chambre h droite.)
LE VOISIN
Est-ce que vous n’étes pas bien? Je vous trouve la ligure allongée depuis ce matin.
DURAND
C'est possible. J’ai éprouvé une grande secousse.
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LE VOISIN
Quoi donc? Un accident?
DURAND
Oui ! un pavé...
LE VOISIN, montrant le p *Ȏ.
Alt ! vous pensez toujours à vos grvphees, à vos gibbosités?
DURAND
Non ! c’est un autre pavé qui, en parlant par métaphore, m’est tombé sur la tète, un pavé bien lourd, et qui m’à surpris clans mon rêve de bonheur égoïste ! Mais vous aviez raison, mon ami, les rêves nous égarent, et il faut quelquefois faire comme tout le monde. (Regardant Coqtierët, qui Int présente son habit.) Les gens les plus simples en savent quelquefois plus long sur la morale du cœur et les délicatesses de la conscience que les plus orgueilleux savants. (Passant son habit.) Vous permettez? (a Coqueret.) Merci, mon garçon I Et la cravate ?
LOUISE, qui est entrée avec la cravate.
Voilà, monsieur !
LE VOISIN, pendant que burand met sa cravate.
Je suis content de vous voir dans le vrai. Avec un homme d’esprit comme vous, il y a toujours de la ressource... J’étais fâché contre vous tantôt! oh! mais très-fâché. Je le disais â ma sœur...
Tiens ! Elle est donc chez vous, votre sœur ?
LE VOISIN
C’est elle qui veut vous voir. Sans elle et sans ma nièce, qui a pris votre parti...
DURAND, qui met des souliers avec l’aide de Coqueret.
Et votre nièce aussi est chez vous? Diable!...
LE VOISIN
Comment, diable?... Allez-vous me dire encore qu’elle est trop grande, trop petite, trop brune, trop blonde ? Ces dames
LK PAVÉ 20
ont voulu venir vous enlever. Elles sont là, dans tna voiture. Regardez ! (il le mène à la fenêtre.)
DURAND
Comment! c’est là votre nièce? Eh bien, ce n’est pas ello que j’ai vue ! Je ne la connaissais pas du tout.
LOUISE, près do la fenêtre.
Ah ! monsieur, elle est belle comme un ange, cette daine !
DURANI).
Oui, certes! une beauté sérieuse et douce !
LOUISE
Vous voyez bien que vous avez des yeux !
Rendez grâce à votre étoile, mon cher. Elle est entichée do science; car, sans vous avoir vu, et rien que sur le bien qu’on lui a dit de vous, elle s’est fourrée dans les livres depuis huit jours, et sa mère craint quelle non devienne folle.
' DUR A ' D, èmu.
Ah ! vous croyez qu’elle s’intéressera...? (a Coquerut.) Attache donc ce cordon de soulier... (au voisin.) Et elle a la bonté de... ?
LOUISE
Attendez, monsieur, votre cravate va très-mal ! Et puis il ne faut pas avoir l’air d’un ébouriffé! (Elle lui arrange les cheveu*.)
DURAND
Ne la faisons pas attendre ! Partons, partons, voisin !
- COQUERET.
Et notre mariage, monsieur ?
DURAND
En môme temps que le mien, mon garçon ! Bientôt !
LE VOISIN
Ah! vous les mariez? Vous faites bien! (ils sortent.)