‹ Théâtre de NohantChapitre 50 sur 208 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MERCURE, PLUTUS, endormi; MYRTO.

MYRTO, surprise.

• D’où viens-tu, bel étranger ? Es-tu quelque prêtre de Mercure, que tu te pares de ses attributs ?

MERCURE

As-tu quelque requête à soumettre au dieu que tu viens de nommer ? Parle, fille charmante. Tu ne saurais éprouver de refus.

MYRTO

O voyageur mystérieux, dis-moi...

MERCURE

Appelle-moi Mercure, comme si tu lui parlais à lui même.

MYRTO

Soit ! tu me comprendras mieux, et peut-être que le dieu m’entendra... OMercure, protecteur des amants que le destin sépare ! toi qui sers, dit-on, de messager aux dieux, instruismoi dans l’art de surmonter les obstacles ! Je no suis qu’une fille des champs, j’ignore l’art de me rendre aimable, et je ne suis pas encore dans l’âge où l’on ose demander à Cypris et aux Grâces le secret de triompher d’un cœur rebelle.

MERCURE

Quel est donc ce rebelle ? Est-il né sous les glaces de l’Ourse ou dans l’antre de Polyphème, pour méconnaître tant de charmes ?

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