SCÈNE IV
MYRTO, BACTIS, CHRÉMYLE, CARION, PLUTUS. endormi.
MYRTO
Ah ! venez ici, mon père; venez et voyez le bel hôte que Içs dieux vous envoient.
THEATRE DE îfOHANT
CHRÉMYLE
Est-ce lui enfin?* Ce doit-être lui ! (Voyant Plntus de près.) 0 Apollon ! quel est ce monstre ?
MYRTO
Quelqu’un l’a conduit ici en me chargeant de vous dire que son nom est Plutus.
CHRÉMYLE
Plutus, lui ? (Naïvement.) Dieu, qu’il est beau !
CARION
Oui, barbu comme un bouc et chauve comme une citrouille !
CHRÉMYLE
Tais-toi, rebut des humains, c'est Plutus !
CARION
Si c’était Plutus en personne, je ne dis pas. Ses traits sont mal ébauchés; mais sa physionomie ne manque pas de charme... Pourtant je ne reconnais pas en lui la cruche d’or de mon rêve.
CHRÉMYLE, à Myrto,
De quelle part l’a-t-on amené chez nous ? Dis !
MYRTO
On a dit qu’Apollon vous avait annoncé sa visite.
CHRÉMYLE
Plus de doute, c’est lui, lui-même ! O jour trois fois fortuné ! (a Carion.) Nieras-tu encore la clarté de l’oracle ? (a M vrto.) Cours avertir nos parents, nos amis, nos voisins, et même nos ouvriers ! Je veux leur montrer Plutus ; je veux leur dire : « Voilà Plutus qui est chez moi ! Un dieu est mon hôte et mon compère ! »
MYRTO, à Bactis.
Viens, tu m’aideras à les rassembler, (ils sortont.)
LE DIEU PLUTUS