‹ Théâtre de NohantChapitre 56 sur 208 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

BACT1S, MYRTO.

MYRTO

N’allons-nous pas avec eux ?

BACTIS.

Ne nous inquiéterons-nous pas plutôt d’apaiser et d’honorer la Pauvreté, qui vient d’être si mal reçue ?

MYRTO

Oui, la prudence le conseille ; mais... où aura-t-elle passé? BACTIS, montrant le bois sacré.

Elle est rentrée là, elle va en sortir, et nous la reconduirons avec respect jusqu’à la dernière borne de vos champs.

MYRTO

Mais... si elle est sortie par l’autre porte du bois sacré?

BACTIS.

Non; le chemin est coupé par une saignée qu’on y a faite hier, et qui n’est pas encore recouverte.

MYRTO

Elle aura pu prendre sur la gauche, dans les vignes?

Non, il y a là des arbres abattus qui empêchent do passer.

MYRTO

Mais... le long du ruisseau?

BACTIS.

Les bœufs, en allant boire, ont piétiné tout le rivage, il n’y a plus trace de sentier.

MYRTO

Il faut donc l’attendre ici? Je l’attendrai. Ne portes-tu pas cette gerbe à la maison ?

BACTIS.

La nuit descend. N’auras-tu pas quelque frayeur de rester seule ?

MVRTO.

Si j’ai peur, j’invoquerai celle déesse.

B*CTIS.

Mais... si elle est déjà partie?

MYBTO.

Tu disais qu’elle no pouvait sortir que par cette porte?

Myrtol... laisse-moi rester près de toi...

MYRTO

Tu aimes donc la société de l’ennemi ? Ignores-tu que je te hais?

BACTIS, cueillant une brandie.

Tiens, frappe-moi si c’est ton plaisir; mais ne me dis pas de te quitter.

MYRTO

Bactis, mon cher Bactisl... Mais, non ! je suis menteuse, je suis cruelle ! j’aime à faire souffrir, j’ai la perfidie do Circc et la flatterie des sirènes. Fuis-moi, jo suis la plus funeste des créatures !

BACTIS, h genoux.

Myrte!... rêve do mes nuits, aiguillon de ma douleur, pardonne !

MYRTO

Tu m’aimais donc, ô le plus fourbe des étrangers?

RACTIS.

Et tu ne le voyais pas !

MYRTO

Lequel de nous était le plus aveugle?

Chère Myrto !...

MYRTO, le relevant.

Hélas! le sort nous sépare. Quelle secqurable déesse allonsnous invoquer ?

LE DIEU miTÜS

BAÇTIS.

Aime-moi beaucoup pour attendrir les dieux !

MYRTO

Reprends ta gerbe, ma mère doit m’attendre.

BACTIS.

Ta mère me plaint et m’estime. Allons lui demander conseil. (ils sortent.)

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