‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 152 sur 277 · ACTE II, bCEN£ II · texte numérisé non relu

ACTE II, bCEN£ II

Dit que ce qu'on m'impute eft une calomnie, Dépeint le criminel de toute autre façon, Oblige le Prevoft à fortir fans foupçon, Me promet amitié, m'afTeurc de fe taire. Voila ce qu'il a fait, voy ce que je doy faire.

ME l ]

L'aimer, le fecourir, & tous deux avouer Qu'une telle vertu ne fe peut trop louer.

CLE ANDRE

Si je l'ay plaint tantoft de fouffrir pour mon crime, Cette pitié, ma fceur, étoit bien légitime : Mais ce n'ell plus pitié, c'eft obligation, Et le devoir fuccéde à la compaiïion.

Nos plus puiffants fecours ne font qu'ingratitude, Mets à les redoubler ton foin, & ton étude ; Sous ce mefme prétexte & ces déguifemens Ajoute à ton argent, perles, & diamants, Qu'il ne manque de rien, & pour fa délivrance Je vay de mes amis faire agir la puiffance. due fi tous leurs efforts ne peuvent le tirer, Pour m'acquiter vers luy j'iray me déclarer.

Adieu, de ton collé pren foucy de me plaire, Et voy ce que tu dois à qui te fauve un frère.

Page 1