‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 153 sur 277 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MELISSE, LYSE.

Vous pouviez dire encor tres-volontairement,

Et la faveur du Ciel vous a bien confervée,

Si ces derniers discours ne vous ont achevée.

Le party de Philiste a dequoy s'appuyer;

Je n'en fuis plus, Madame, il n'eft bon qu'à noyer,

Il ne valut jamais un cheveu de Dorante.

Je puis vers la prifon apprendre une Courante ?

MELISSE.

Ouy, tu peux te réfoudre encor à te croter.

LYSE

-iuels de vos diamants me faut-il luy porter?

MELISSE.

Mon frère va trop vifte, & fa chaleur l'emporte Jusqu'à connoiftre mal des gens de cette forte. Auffi comme fon but eft différent du mien, Je doy prendre un chemin fort éloigné du lien. Il eft reconnoiffant, & je fuis amoureufe, Il a peur d'eftre ingrat, & je veux eftre heureufe.

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