ACTE III, SCENE III
Mais fi ce grand couroux luy donne autant d'effroy, Je feray tout autant pour elle, que pour toy.
N'importe, parlez-luy, du moins vous fçaurez d'elle Avec quelle chaleur j'ay pris voftre querelle.
DORANTE à Mcliffe.
Son ordre eft-il li rude?
Il eft aflez exprès, Mais fans mentir ma feeur vous prefte un peu de près, Quoy qu'elle ait commandé, la chofe a deux vifages.
clitox.
Comme toutes les deux jouent leurs perfonnages!
MELISSE.
Souvent tout cet effort à r 'avoir un portrait
N'eft que pour voir l'amour par l'état qu'on en fait.
C'eft peut eftre après tout le deffein de Madame,
Ma feeur, non plus que moy, ne lit pas dans fon ame.
En ces occafions il fait bon hazarder,
Et de force, ou de gré, je fçaurois le garder.
Si vous l'aimez, Monfieur, croyez qu'en fon courage
Elle vous aime affez, pour vous laifler ce gage ;
Ce feroit vous traiter avec trop de rigueur,
Puisqu'avant ce portrait on aura voftre cœur,
Et je la trouverois d'une humeur bien étrange,
Si je ne luy faifois accepter cette échange.
Je l'entreprens pour vous, & vous répondray bien Qu'elle aimera ce gage, autant comme le fien.
DORANTE
O Ciel ! & de quel nom faut-il que je te nomme ?
Ainû* font deux foldats qui font chez le bon-homme; Quand l'un veut tout tuer, l'autre rabat les coups, L'un jure comme un Diable, & l'autre file doux. Les belles, n'en déplaife à tout voftre grimoire, Vous vous entr'entendez comme larrons en foire.
MELISSE.
Que dit cet infolent?
DORANTE
C'eft un fou qui me fert.
CLITON
Vous dites que...
dorante à Clit on.
Tay-toy, ta fottife me perd ; à Mélijfe.
Je fuivray ton confeil, il m'a rendu la vie.
LYSE
Avec fa complaifance à flater voftre envie,