‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 234 sur 277 · THEODORE, PAULIN · texte numérisé non relu

THEODORE, PAULIN

Où m' allez- vous conduire?

PAULIN

Il eft en voftre chois, Suivez-moy dans le Temple, ou fubiffez nos loix.

De ces indignitez vos Juges font capables!

PAULIN

Ils égalent la peine aux crimes des coupables.

Si le mien eft trop grand pour le difïimuler, N'eft-il point de tourmens, qui puiffent l'égaler?

Comme dans les tourmens vous trouvez des délices, Ils ont trouvé pour vous ailleurs de vrais fupplices, Et par un châtiment auffi grand que nouveau De voftre vertu mefme ils font voftre bourreau.

Ah, qu'un fi détestable & honteux facrifice Eft pour elle en effet un rigoureux fupplice!

PAULIN

Ce mépris de la mort qui par tout à nos yeux Brave fi hautement, & nos loix, & nos Dieux, Cette indigne fierté ne feroit pas punie, A ne vous ofter rien de plus cher- que la vie. Il faut qu'on leur immole, après de tels mépris, Ce que chez voftre féxe on met à plus haut prix, Ou que cette fierté, de nos loix ennemie, Cède aux justes horreurs d'une pleine infamie, Et que voftre pudeur rende à nos Immortels, L'encens que voftre orgueil refufe à leurs Autels. ■

Valens me fait par vous porter cette menace, Mais s'il hait les Chrétiens, il respecte ma race, Le fang d'Antiochus n'eft pas encor fi bas, Qu'on l'abandonne en proye aux fureurs des foldats

Ne vous figurez point qu'en un tel facrilége Le fang d'Antiochus ait quelque privilège :

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