‹ Théâtre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 80 sur 277 · GERON TE · texte numérisé non relu

GERON TE

Je la connois affez. Clarice eft belle & fage, Autant que dans Paris il en foit de fon âge, Son père de tout temps eft mon plus grand amy, Et l'affaire elt conclue.

DORANTE

Ah, Monfieur, j'en frémy.

D'un fardeau fi pefant accabler ma jeuneffe!

Fay ce que je t'ordonne.

DORANTE

Il faut jouer d'adreffe.

Quoy, Monfieur, à prefent qu'il faut dans les combats Acquérir quelque nom, & fignaler mon bras...

GERONTE.

Avant qu'eftre au hazard qu'un autre bras t'immole, Je veux dans ma maifon avoir qui m'en confole ; Je veux qu'un petit fils puifie y tenir ton rang, Soutenir ma vieilleffe, & réparer mon fang. En un mot, je le veux.

DORANTE

Vous êtes inflexible!

GERONTE.

Fay ce que je te dy.

DORANTE

Mais s'il eft impoffible !

GERONTE.

ïmponible! & comment?

DORANTE

Souffrez qu'aux yeux de tous Pour obtenir pardon, j'embraffe vos genoux. Je fuis...

Quoy?

DORANTE

Dans Poitiers...

GERONTE.

Parle donc, & te lève,

DORANTE

Je fuis donc marié, puis qu'il faut que j'achève.

GERONTE.

Sans mon confentement !

DORANTE

On m'a violenté,

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