ACTE, SCENE III
rez :|ue M. Delorme, par une complication de malheurs, se trouve dans le plus grand embarras.
MADAME DrRVII.I.K.
Ah! mon Dieu! mais c'esl atîreux ce que vous m'apprenez là!
MADEMOISELLE DELORME
Tous ses créanciers, touchés de son infortune, et convaincus de sa probité, lui ont accordé toutes les facilités qu'il a demandées. Il n'en est qu'un seul...
AUGUSTE
Oui, M. Durville, mon oncle, eît seul resté inflexible.
MADAME DURVILLE
Mon mari !
AUGUSrE.
Il y a une sentence, une prise de corps.
MADEMOISELLE DELORME
Mon père a vainement essayé de l'attendrir.
MADAME DURVILLE
C'est une barbarie !
AUGUSTE
Mon oncle l'a l'epoussé.
MADEMOISELLE DELoRME.
Mon père a peut-être un peu trup de fierté. Il est décidé à ne plus tenter de nouveaux efforts. Il m"a défendu même de venir vous voir ; j'ai ])rolité de son absence pour hasarder une dernière d(''marrhe auprès de vous.
MADAME DURVILLE
Kt vous avez très-bien fait, mon enfant.
MADEMOISELLE DELORME
Vous avez eu la boule de me montrer (juebpie amitié.
AUGUSTE
Parlez pour M. Delorme à mou oncle.
132 UUHAUTCOLKS
MADEMOISELLE DELORME
Obtenez-nous du temps pour nous acquitter, quelques jours seulement.
MADAME DURVILLE
Écoutez, je ne me mêle jamais des affaires de mon mari. Il m'a fait signer ces jours-ci je ne sais quel acte, une séparation de biens ; il fait de moi tout ce qu'il veut. Je n'y entends rien : mais ici c'est différent; c'est une affaire de procédés entre voisins, un acte de justice, une bonne action que je lui propose; je lui parlerai, je vais lui parler.
AUGUSTE
Ah! matante, quelle reconnaissance ne vous devrai-je pas?... ne vous devra pas mademoiselle?
Que j'ai bien fait, madame, de m'adresser à vous! Mais nous n'avons pas de temps à perdre.
M.VDAME DURVILLE.
Non, vraiment; tout notre monde ne peut pas tarder, et quand une fois le bal sera commencé, j'aurai tant d'occupations, tant d'embarras... Il n'y aura pas moyen de lui parler. Le voici; vous allez voir comme je vais prendre vos intérêts.
MADEMOISELLE DELORME
Le voici. Je vous laisse.
MADAME DLHVILLE.
Eh! non, restez; je veux que vous soyez témoin de la chaleur avec laquelle je vous défendrai.
AUGUSTE
Restez, mademoiselle; votre présence ne peut faire qu'un bon effet auprès de mon oncle.
MADEMOISELLE DEI.nUMI"..
Alil mou Dieu, mo voila toute Iromblanlc.
ai;'!!:: Il, SCENE IV. 133
AUGUSTE
Songez que vos amis sont là pour vous rassurer, ma tante et moi.
MADAME DURVILLE
Oui, sans doute: laissez-moi faire, tout ira bien.