‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 133 sur 420 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Et quand tout, mon effort se trouvera rompu,

Cléopàtre fera ce que je n'aurai pu.

Je sais quelle est ta flamme et quelles sont ses forces, 1745

Que tu n'ignores pas comme on fait les divorces,

Que ton amour t'aveugle et que pour l'épouser

Rome n'a point de lois que tu n'oses briser;

Mais sache aussi qu'alors la jeunesse romaine

Se croira tout permis sur l'époux d'une reine, 1750

Et que de cet hymen tes amis indignés

Vengeront sur ton sang leurs avis dédaignés.

J'empêche ta ruine, empêchant tes caresses.

Adieu : j'attends demain l'effet de tes promesses.

Page 1