‹ Théâtre de Pierre CorneilleChapitre 183 sur 420 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

DORANTE, CLITON

Monsieur, puis-je à présent parler sans vous déplaire?

DORANTE

Je remets à ton choix de parler ou te taire; 310

Mais, quand tu vois quelqu'un, ne fais plus l'insolent.

302. Se passer à, se contenter de : « Il faut bien se passer à ce que l'on a. » (Sorel, Francion.)

Je vous le dis encor, je m'y passerais bien. (Suite du Menteur, 397.)

« Se passer à, se passer de, sont deux rboses absolument différentes. Se passer a signilie : se contenter de ce qu'on a. Se passer do : signifie soutenir le besoin île ce qu'on n'a pas. » (Voltaire.) La nuance est délicate; est-elle toujours si nettement tracée? Beaucoup d'écrivains ont emp'oyé une expression pour l'autre : « La sagesse, qui accoutume les hommes à se passer de peu, et à être tranquilles, m'a tenu lieu de tous les autres biens. » (Fénelon, Fables, 37.)

305. Faire état de, vieille locution que Voltaire regrette, a deux sens asseï drstincls. Tantôt elle signifie estimer, faire cas de :

Je maudis mille fois l'état <|u'on fait do moi. (Horace, II, v.)

Tantôt elle équivaut comme ici à compter sur :

Adieu; faites état de mon humble service. (Suivante, 1611.)

307. Les signes, c'est-à-dire les marques extérieures, distinctives, caractéristiques de ce récit de lestin.

:!I0. Dans ces sortes de constructions, où de précède plusieurs infinitifs, Corneille s'abstient souvent de le répéter après le premier verbe :

Ces assez de constance, on an si grand danger,

Que de lo voir, I altendro ut no point s'affliger. (Ho OC", 120.)

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